Duels cavalier contre fou, par P-A CATHIGNOL

Multicoups échiquéens de type "cavalier contre fou"

posté le 17-03-2018 à 14:03:58

5. Interchangeables, par Pierre-Antoine CATHIGNOL

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INTERCHANGEABLES

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Auteur : Pierre-Antoine CATHIGNOL, né le samedi 3 décembre 1949, au Mans (Sarthe).

Problème : N°347/11 d’EUROPE-ÉCHECS N°347 (1er novembre 1987), page 60.

Composé le : lundi 9 février 1987 [numéro personnel : 2274]

Type : direct orthodoxe (= "normal", "traditionnel", "classique", etc.) : les Blancs jouent et font mat au 23ème coup.

Particularité : c’est un "Jumeau" (il y a deux problèmes : second problème : intervertir cavalier et fou).

Note explicative : dans le monde du problème d’échecs, deux problèmes "jumeaux" (formant un "Jumeau") doivent se ressembler, le deuxième problème, à la position initiale très peu différente de celle du premier problème, devant avoir une solution différente, tout en rappelant si possible, comme en écho, la solution du premier problème. Ce n’est pas le cas ici, les deux problèmes ayant la même solution : je m’en explique plus bas.

Solution abrégée : page 66 dans EUROPE-ÉCHECS N°353 (1er mai 1988).

Essais : l’essai : 1.Cg2? est réfuté par 1…Fg3!!, qui conduit à la nullité ; ce problème est donc aussi une étude, et on aurait pu inscrire sous le diagramme : « Les Blancs jouent et gagnent. »

Récompense : Mention Honorable Spéciale (classé 6ème sur 33 problèmes, dont 11 primés) des trois-coups et multicoups 1987-1988 : page 64 d’EUROPE-ÉCHECS N°386 (1er février 1991).

Commentaires :

— A) Du responsable de la rubrique, dans EUROPE-ÉCHECS, Claude WIEDENHOFF : aucun (C.W. manquait de place et ne publiait que les commentaires de quelques solutionnistes).

— B) D’un solutionniste, B. POCHER : « Phénoménal ! ».

— C) Du juge : Bien qu’il m’ait accordé une M.H.S., le juge n’a pas goûté ce pseudo-jumeau, n’y voyant qu’une « appoggiature de mauvais goût » [SIC !!]. Ceci implique deux conséquences :

- Par respect et politesse, je ne mentionnerai pas son nom ici, d’autant plus qu’il m’a bien et beaucoup conseillé à mes débuts, et ceci très aimablement (j’ai gardé toutes ses lettres).

- Je vais tenter de justifier, dans les lignes suivantes, ce pseudo-jumelage.

Beauté : la beauté réside dans :

— a) la possibilité de pouvoir intervertir, dans la position de départ, les deux pièces principales, le fou et le cavalier. On ne voit pas souvent cela dans un "mat en 23 coups" !!

Moi, je n’appelle pas cela une "appoggiature de mauvais goût", mais au contraire une forme certes inhabituelle de jumelage mais très jolie aussi.

— b) le sacrifice total du cavalier refusé, suivi d’un sacrifice partiel du même cavalier, accepté celui-ci.

— c) la promotion, assez inattendue, du pion "g" en cavalier. Inattendue, pas en tant que telle, car on se doute bien que le nouveau cavalier pourra lutter victorieusement contre le fou, mais parce qu’on imagine mal qu’une promotion en dame ne puisse pas gagner plus vite ! C’est pourtant le cas : il faudra 15 coups au cavalier nouvellement promu alors qu’il en faudrait 19 à une dame nouvellement promue !

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Variations sans dual : 135 720 VSD, pour chaque jumeau.

Variantes sans dual : 4 variantes sans dual, pour chaque jumeau.

Parcours sans dual : 4 parcours sans dual, pour chaque jumeau.

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Notes biographiques :

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1) Claude WIEDENHOFF (né en 1958)

Problémiste français. Il fut nommé juge international pour la composition en 1988. Il fut le chroniqueur de la section « Problèmes » de la revue EUROPE-ÉCHECS à partir de 1985, et fut rédacteur en chef de la revue DIAGRAMMES à partir de 1984. Ses compositions sont surtout des mats en deux coups dans le style moderne (un peu plus de 200 problèmes publiés dont la moitié ont été récompensés). [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

Notes :

EUROPE-ÉCHECS est avant tout une revue sur le jeu d’échecs, que l’on trouve en kiosque, et pas seulement en France car sa réputation est internationale. Ce n’est pas une revue sur le problème d’échecs. Néanmoins durant de longues années (plus d'une décennie), deux pages étaient réservées au problème d’échecs, et cette section était tenue par Claude WIEDENHOFF. Un jour hélas elle fut supprimée et, de nos jours, n’existe plus.

DIAGRAMMES, par contre, était une revue de problèmes d’échecs. Et Claude WIEDENHOFF en fut très longtemps l’excellent rédacteur en chef, abattant un boulot considérable. Elle dura plus d’un quart de siècle et fut la seule revue de problèmes d’échecs française entre la fin de Thèmes 64 et la résurrection de cette dernière revue en PHÉNIX bien des années plus tard. DIAGRAMMES aussi a fini par couler, hélas. Et il ne nous reste plus donc que PHÉNIX aujourd’hui.

Mais les grandes années de DIAGRAMMES coïncidèrent avec mes grandes années de composition. Et j’ai publié beaucoup de mes problèmes dans cette revue ; et pas seulement des duels cavalier / fou !

J’ai beaucoup échangé de courriers avec Claude WIEDENHOFF et je l’en remercie vivement ici car je lui dois beaucoup. Je l’ai même eu un jour au téléphone et j’ai pu ainsi admirer son magnifique accent alsacien. J

Il est domicilié au cœur du Bas-Rhin, mais hélas pas tout à fait dans la région de mes ancêtres alsaciens. Sinon, j’aurais été très heureux de l’appeler « mon cousin ». À noter que son frère Philippe est un des piliers de la Revue Généalogique d’Alsace à laquelle je fus longtemps abonné. Le monde est petit, dit-on. J

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2) B. POCHER :

Non cité par Alain BIÉNABE, ce monsieur n‘était peut-être qu‘un simple solutionniste, je ne sais pas.

Je le remercie, en tout cas. Un tel compliment fait toujours plaisir. J

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INTERCHANGEABLES

 

 

 

8+9                Position A : cavalier en e1, fou en h4                23#

8+9                Position B : cavalier en h4, fou en e1                23#

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Plan des Blancs (unique pour les deux problèmes) :

1°) Mater en c4 ou b5, avec leur cavalier. 

2°) Pour cela, il faut diriger ledit cavalier vers le nord-ouest de l’échiquier.

3°) Puis y créer des menaces simultanées que le fou ne pourra repousser toutes à la fois.

4°) D’où : première chose à faire : examiner les cases conjuguées C/F au nord-ouest de l’échiquier.

L’ennui, c’est que, en apparence, le fou a réponse à tout ! En effet, considérons comme gagnante pour les Blancs une troisième case blanche, la case e6, puisque Ce6! menace non seulement Cxd4! ou Cc7! suivis de Cb5 mat, mais encore Cxg7! suivi d‘un gain rapide. On constate alors que le fou noir est surchargé. D’où l’on conclut que toutes les cases noires situées au nord-ouest de l’échiquier sont gagnantes pour les Blancs, sauf b8 et e7. On dresse alors aisément le tableau des cases conjuguées C/F :

1) Cases blanches :

 

Ca8 : case inaccessible ; le problème ne se pose donc pas.

Ce8 : case inaccessible ; le problème ne se pose donc pas.

Ca6 ——-> Fb6! (opposition amoureuse horizontale)

— Note : Fd6!! (opposition dominatrice horizontale avec enfermement) est injouable, car le cavalier vient de b8.

Cb7 ——-> Fb6! (opposition amoureuse verticale) [note : le cavalier vient de c5 ou d8, et il pouvait gagner en jouant en e6]

Cc8 ——-> Fc5!! (opposition dominatrice verticale avec enfermement)

Cc6 ——-> Fb6! (opposition amoureuse horizontale)

Cd7 ——-> Fc5! (opposition chevaline, sacrificielle et patifiante)

Cd5 ——-> Fb6!, Fc7! (oppositions chevalines, sacrificielles patifiantes), Fd8! (opposition dominatrice verticale)

 

2) Cases noires :

 

Cb8 ——-> Fa7! (objection touchante)

Ce7 ——-> Fa7! (objection ducale)

 

Puis, on finit par trouver une petite faiblesse dans cette belle armure. En effet, lorsqu’il est en d5 ou d7, le cavalier vise en outre la case f6, où se trouve un précieux pion noir. Si celui-ci n’était pas protégé par un autre pion noir en g7, alors un danger supplémentaire viendrait menacer le camp noir. D’où l’idée de sacrifier le cavalier initial en f6, de s’en faire promouvoir un nouveau en g8, et cette fois, le fou noir sera définitivement surchargé. On verra plus loin pourquoi la promotion en dame est étrangement insuffisante.

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Solution (unique pour les deux problèmes)

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— Note : même en fin de profondeur 49 (quelques minutes), Komodo ne voit pas le mat ! L

Preuve qu’il n’étudie pas tout de ce qu’il affiche ! D’ailleurs il donne « +21,37 pions » aux Blancs, et les bons coups sauf 8.g8D? au lieu de 8.g8C!. Ensuite, il semble boguer (il est toujours en début de profondeur 50 au bout de 33 minutes).

Par contre, il est plus fort en défense et voit le mat en 22 coups en une minute environ, car, ainsi que je l’ai souvent remarqué, Komodo étudie les sous-promotions en défense mais rarement en attaque.

Et, après 1.Cf3! Ff2(!), comme il se remet en position d’attaque, il affiche de nouveau « +21,37 pions », n’ayant donc même pas mis en mémoire ce qu’il vient de trouver en défense. Lamentable ! L

Je rappelle que, Komodo, je l’ai ACHETÉ, on ne me l’a pas DONNÉ ! L

Au bout de quelques minutes, il voit un mat en 26 coups auquel il se fixe longtemps. Puis il semble boguer à nouveau (à l’étude du 7ème coup sur 8, en profondeur 30). L

— Note : pour sa part MATEBADIX, avec comme paramétrage : roi noir immobilisé, promotions blanches en dame ou cavalier et promotions noires en dame, nous fournit la clé en un peu plus de 11 minutes (pour chaque jumeau).

Mais bon, je lui ai donné beaucoup de conditions. Toutefois ça me permet de vérifier que la promotion blanche en dame au 8ème coup est insuffisante pour mater en 23 coups, du moins si on ne sacrifie pas cette dame en libérant le roi a3 ! Voir plus bas ce qui peut arriver en ce cas-là.

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1) Texte jusqu’à 6.Cxf6! gxf6(!)

1.Cf3!

— Note : 1.Cg2? Fg3!! ½-½ : il n’y aura pas de deuxième chance pour les Blancs de gagner cette partie, en 23 coups ou plus : ce problème est donc aussi une étude (« Les Blancs jouent et gagnent » : 1 seule clé et des VSD).

1...Ff2(!) (sinon mat dès le 3ème coup : 2.Cxb4! suivi de 3.Cb5#) [135 720 VSD pour chaque jumeau]

2.Ch2!

— Notes :

—— A) 2.Cg5? fxg5! et partie nulle :

3.f6 (forcé) g4! (3...gxf6 annule aussi, mais de façon compliquée)

4.f7! (sinon les Noirs matent au 7ème coup) g3! (quelques autres coups annulent aussi, mais de façon compliquée)

5.f8D! (sinon les Noirs matent au 7ème coup) g2! (5...Fe3 annule aussi, mais de façon compliquée)

6.Dxf2! (sinon les Noirs matent au 7ème coup) g1T+(!) ou g1D+(!) [6...g1C(!) annule aussi assez simplement]

7.Dxg1 pat.

—— B) 2.Ce5?? fxe5! et les Noirs gagnent :

3.f6 e4!

4.f7(!) [4.fxg7? e3! 5.g8D, e2! 6.De6 ou De8 Fe3! 7.Dxe3 (7.Dg4, possible si 6.De6, ne résiste pas plus longtemps) dxe3! 8.d4 ou g7 (forcé) e1T# ou e1D#] exd3!

5.f8D(!) dxc2+!

6.Rxc2 (forcé) d3+! (plus rapide que 6...Ra2! 7.Rd1 ou Rd3 b1D+! etc., qui gagne aussi)

7.Rxd3(!) (sinon c’est mat immédiatement) b1D+!

8.Re2(!) (si 8.Rc4?, alors mat dès le 11ème coup) De1+!

9.Rf3(!) (si 9.Rd3?, alors mat dès le 13ème coup) De3+!

10.Rg4 (10.Rg2 résiste autant mais pas plus) Dg3+!

11.Rf5(!) (si 11.Rh5?, alors 11...Dh4#) Df3+!

12.Re5 (les deux autres coups légaux résistent autant mais pas plus) Dxf8!

13.Re4 (les deux autres coups légaux résistent autant mais pas plus) c2!

14.Rd5 (les deux autres coups légaux résistent autant mais pas plus) c1D(!) (par exemple)

15.Re4 (les deux autres coups légaux résistent autant mais pas plus) De3+(!) (par exemple)

16.Rd5 (forcé) Dfc5#

2...Fe1(!) ou Fe3(!) ou Fg3(!) ou Fh4(!) {135 720 [= 13 572 x (1 + 2+ 6 +1)] VSD}

— Note : 2…Fg1?

3.Cg4! Fh2(!) (sinon mat dès le 11ème coup)

4.Cxf6! gxf6 et mat dès le 21ème coup, avec suite comme dans le TVP (Texte des Variantes Principales, en gras bleu comme d'habitude).

3.Cg4! (avec l’idée d’aller se sacrifier en f6) et là, deux variantes principales :

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— A) 3...Fh4(!) (opposition amoureuse horizontale) [27 144 (= 13 572 x 2) VSD]

— Note : 3…Fb8? ou Fc7? ou Fd6? ou Ff4? ou Fg3? ou Fh2? : 4.Cxf6! gxf6 5.g7! etc. : 2 temps de gagnés pour les Blancs, qui matent dès le 21ème coup, avec suite comme dans le TVP.

4.Ch6! (seule manière de progresser) Fg3(!) (objection chamelée)

— Note : si 4…gxh6?, alors les Blancs matent en 11 coups :

5.g7! Fg3(!) (sinon mat dès le 10ème coup)

6.g8C! Fc7(!) (sinon mat dès le 14ème coup)

7.Cxf6! h5(!) (sinon mat dès le 10ème coup)

8.Cxh5! Fe5(!) (sinon mat dès le 13ème coup)

9.f6! Fxf6(!) (sinon mat dès le 14ème coup)

10.Cf4! Fd8(!) (sinon mat dès le 13ème coup)

11.Cd5! puis par exemple :

11...Fb6(!)

12.Ce7! Fa7

13.Cc6! Fb6

14.Ce5! ~~

15.Cc4#

— Note : si 4…Fe1??, 4...Ff2?? ou 4...Fg5?, alors mat dès le 9ème coup : 5.Cg8! etc.

5.Cg8! (seule manière de progresser)

— Note : les deux variantes A et B vont bientôt se rejoindre : le cavalier se prépare en effet à se sacrifier en f6.

5...Fd6(!) (opposition zébrée)

— Note : il faut empêcher le cavalier d’aller en e7 ; mis à part le coup du texte, c’est 5…Fb8? qui résiste le mieux :

6.Ce7! Fa7(!) (sinon mat dès le 9ème coup)

7.Cd5! Fb6(!) (sinon mat dès le 9ème coup)

8.Cf4! et par exemple (tous les huitièmes coups noirs résistent autant) :

8...Fc5

9.Ce6! Fb6(!) (sinon mat dès le 11ème coup)

10.Cxg7 ~~

11.Ce6! ~~

12.g7! ~~

13.Cc7! ou bien Cxd4! (suivant la position du fou noir) ~~

14.Cb5#

Le reste permet un mat dès le 9ème coup : 6.Ce7! etc.

6.Cxf6!

— Note : le cavalier va tout de même parvenir à faire accepter son sacrifice, après un parcours en forme de losange.

6...gxf6(!) (sinon mat dès le 11ème coup) et suite comme dans la variante B ci-après et sous celle-ci (même position).

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— B) 3...Fe5(!) ou Fg5(!) ou Fh6(!) (oppositions chevaline, amoureuse verticale et encore chevaline) {108 576 [= 67 680 ( = 13572 x 5) + 27144 (= 13 572 x 2) + 13572] VSD}

— Note : 3…Fb8? ou Fc7? ou Fd6? ou Ff4? ou Fg3? ou Fh2? :

4.Cxf6! gxf6(!) (sinon mat dès le 9ème coup)

5.g7! etc. : 2 temps de gagnés pour les Blancs, qui matent dès le 21ème coup, avec suite comme dans le TVP.

4.Cf2!

— Note : 4.Cxh6? (si le fou est venu en h6) gxh6! et on aboutit à un pat. Exemple :

5.g7 h5 (forcé)

6.g8C h4 (forcé)

7.Cxf6 (7.Ch6 conduit aussi à la nulle) h3 (forcé)

8.Ce4 (par exemple) h2 (forcé)

9.Cf2(!) ou Cg3(!) h1F(!) ou h1T+(!) ou h1D+(!)

10.Cxh1! : pat.

Possible aussi est :

6.g8D h4 (forcé)

7.Dh8 h3 (forcé)

8.Dxf6 h2 (forcé)

9.Dh6 h1C(!) ou h1T+(!) ou h1D+(!)

10.Dxh1 : pat.

4...Fb8(!) ou Fc7(!) ou Ff4(!) ou Fg3(!) ou Fh2(!) (objections bi-zébrée, guanaquée, royale verticale, touchante et royale horizontale)

Ces 5 objections forment une vigilance primaire.

— Note : 4...Fd6? (si, au 3ème coup, le fou est venu en e5) mat dès le 14ème coup :

5.Ce4! puis, par exemple :

5...Ff8 6.Cg3 Fc5 7.Ce2 Fb6 8.Cf4 Fc7 9.Ce6 Fb6 10.Cxg7 Fd8 11.Ce6 Fb6 12.g7 Fa7 13.Cc7 ~~ 14.Cb5#

5.Ce4!

— Note : les deux variantes A et B vont bientôt se rejoindre : le cavalier se prépare en effet à se sacrifier en f6.

5...Fd6(!) (sinon mat dès le 12ème coup) (opposition chevaline, sacrificielle patifiante)

6.Cxf6! gxf6(!) et suite comme dans la variante A (même position).

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Toutes les variations et variantes et tous les parcours du TVP se rejoignent ici : 6.Cf6! gxf6.

Récapitulatif des cinq variations sans dual qui ont conduit à 6.Cf6! gxf6 :

— A) 1.Cf3! Ff2(!) 2.Ch2! Fe1(!) 3.Cg4! Fh4(!) 4.Ch6! Fg3(!) 5.Cg8! Fd6(!) 6.Cxf6! gxf6(!) (variante A)

— B) 1.Cf3! Ff2(!) 2.Ch2! Fg3(!) 3.Cg4! Fh4(!) 4.Ch6! Fg3(!) 5.Cg8! Fd6(!) 6.Cxf6! gxf6(!) (variante A)

— C) 1.Cf3! Ff2(!) 2.Ch2! Fe3(!) 3.Cg4! Fg5(!) 4.Cf2! Ff4(!) 5.Ce4! Fd6(!) 6.Cxf6! gxf6(!) (variante B)

— D) 1.Cf3! Ff2(!) 2.Ch2! Fe3(!) 3.Cg4! Fh6(!) 4.Cf2! Ff4(!) 5.Ce4! Fd6(!) 6.Cxf6! gxf6(!) (variante B)

— E) 1.Cf3! Ff2(!) 2 .Ch2! Fh4(!) 3.Cg4! Fg5(!) 4.Cf2! Ff4(!) 5.Ce4! Fd6(!) 6.Cxf6! gxf6(!) (variante B)

La suite sera (un peu) plus simple.

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2) Texte après 6.Cxf6! gxf6(!) [27144 VSD]

7.g7! Fc5(!) ou Ff8(!) [27144 (= 13 572 x 2) VSD]

— Note : le fou ne doit pas jouer ailleurs, car il lui faut se préparer à revenir en e7 pour repousser le cavalier vers h6. Viser la case d8 par 7...Fc7? ou 7...Fe7?, qui repousse aussi le cavalier vers h6, produit une résistance inférieure. On aurait :

7…Fc7? ou Fe7?

8.g8C! Fd8(!)

9.Ch6! Fb6(!)

10.Cg4! Fd8(!)

11.Cf2! Fc7(!)

12.Ce4! Fe5(!)

13.Cc5! Fb8(!) ou Fd6(!) ou Ff4(!) ou Fg3(!) ou Fh2(!)

14.Ce6! Fe5(!)

15.Cd8! Fc7 (ou : Fb8 ou Fd6)

16.Cb7! (respectivement : 16.Cc6!) et mat au 18ème coup, par 18.Cc4#.

 

— Note : pas de dual dans cette variante inférieure ci-dessus (285 VSD x 2, dixit MATEBADIX)

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8.g8C!!

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— Note : ahurissant ! : la promotion en dame est plus longue à gagner ! MATEBADIX nous apprend qu’il y a mat en 20 coups et que donc le mat n’intervient qu’au 27ème coup. Car, pour gagner, les Blancs devront sacrifier cette dame sinon tout est bloqué :

Certes, le pion d4 tombe vite sous les manœuvres de la dame, mais, sans sacrifice de cette dame nouvellement promue, ce ne sera pas suffisant : le pion d3 n’ira pas plus loin que d7, et la capture des deux pions noirs a5 et f6, qui assurerait le gain aux Blancs, n’aura pas lieu. Voici quel serait le plan des Noirs : constamment contrôler d8 par leur fou, ou bien jouer Fd8!.

Ce qui donnerait, en pratique :

—— jouer Fc7! si la dame attaque a5 (si le fou est déjà en c7, les Noirs jouent Fd8!).

—— jouer Fe7! si la dame attaque f6 (si le fou est déjà en e7, les Noirs jouent Fd8!).

—— jouer Fxd8! si les Noirs jouent d8D.

Ce plan est toujours applicable, sauf dans un cas : après : Da8 (ou Da7, Db6, Dc6, Dd6, De6) Fd8!, si les Blancs s’avisent de jouer Da6(!?), avec attaque simultanée des pions a5 et f6. Dans ce cas, les Noirs jouent Fb6!. Et partie provisoirement nulle.

Les Blancs gagnent donc en sacrifiant cette dame mais cette manière de gagner est trop longue.

MATEBADIX et Komodo donnent :

8.g8D(?) Fb6(!) ou Fe7(!) (sinon mat dès le 19ème coup)

9.De6(!) [sur 8...Fb6(!), quintal car 9.Dd5(!), 9.Df8(!), 9.Dg4! et 9.Dh8(!) gagnent aussi vite] [sur 8...Fe7(!), plurial car 9.Db8(!), 9.Dd5(!), 9.Dg3(!), 9.Dg4(!), 9.Dh7(!) et 9.Dh8(!) gagnent aussi vite] Fd8(!) (sinon mat dès le 19ème coup)

10.Dd6! Fe7(!) (sinon mat dès le 20ème coup)

11.Dxd4! Fd8(!) (sinon mat dès le 21ème coup)

12.Dh4! Fe7(!) (sinon mat dès le 22ème coup)

13.d4! Fd8(!) (sinon mat dès le 23ème coup)

14.d5! Fe7(!) (sinon mat dès le 24ème coup)

15.Dd4(!) [dual car 15.d6(!) gagne aussi vite ; il sagit là d'une simple interversion de coups possible entre les 15ème et 16ème coups blancs, tout le reste, y compris les 15ème et 16ème coups noirs, demeurant les mêmes] Fd8(!) (sinon mat dès le 25ème coup)

16.d6! Fe7(!) (sinon mat dès le 26ème coup)

17.Dxc3! (seul un sacrifice de dame permet de gagner) (menace 18.Dxb2#) bxc3(!) (seule parade)

18.dxe7! (sinon ce sont les Noirs qui gagnent) Rb4 (forcé)

19.e8D! Rc5(!) (si 19...Ra3?, alors 20.De7# ou Df8#) puis il y a plein de suites possibles, les meilleures fournissant un mat au 27ème coup, comme :

20.Dd7(!) (parmi 8 coups de dame, tous gagnant aussi vite) Rb6(!) (si 20...Rb4?, alors 21.Dd6# ou De7#)

21.Dd6+! Rb7 (lautre coup légal, 21...Ra7, résiste autant)

22.Dxf6! Rc7(!) [seul 22...Ra7(!) résiste autant]

23.Da6! Rd7 (les trois coups légaux résistent autant)

24.f6! Re8(!) [seul 24...Rc7(!) résiste autant]

25.Da7! Rf8 (lautre coup légal, 25...Rd8, résiste autant)

26.Dh7(!) (plurial car 5 autres coups de dame gagnent aussi vite) Re8 (forcé)

27.De7#

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Mais revenons au TVP, avec 8.g8C!!, donc. On a maintenant :

8...Fe7(!) (sinon mat dès le 13ème coup) [13 572 VSD]

9.Ch6! Fc5 ou Fd6 ou Fd8 ou Ff8 (forcé) (objections ibisée, ducale horizontale, bi-chevaline et alfilée)

{13572 [= 3016 + 3770 (= 3016 + 754) + 3016 + 3770 (= 3016 + 754)] VSD}

10.Cg4!

— Note : 10.Cf7? conduit à une impasse : il faudra tôt ou tard revenir en h6.

10...Fe5(!) ou Fe7(!) ou Fg7(!) (oppositions chevaline, zébrée ou dominatrice verticale) [3016 VSD dans les 4 cas de Fe7 ; 754 VSD dans le cas de Fe5 et aussi 754 VSD dans celui de Fg7]

11.Cf2! Fc5(!) ou Fd6(!) ou Fd8(!) ou Ff8(!) (sinon mat dès le 18ème coup) (objections plongeante, bi-chevaline, bi-chamelée et comtale verticale) [4 524 (= 754 x 6) VSD]

12.Ce4! Fe7(!) (sinon mat dès le 18ème coup) (opposition dominatrice verticale) [754 VSD]

13.Cg3! Fd6(!) (sinon mat dès le 21ème coup) (objection plongeante) [toujours 754 VSD]

14.Ch5! Fe5(!) (sinon mat dès le 21ème coup) (opposition dominatrice horizontale) [toujours 754 VSD]

15.Cg7! Fc7(!) (sinon mat dès le 20ème coup) (objection ducale horizontale) [toujours 754 VSD]

16.Ce6! Fb6(!) (sinon mat dès le 20ème coup) (opposition dominatrice horizontale) [toujours 754 VSD]

— Note : 16… Fe5? 17.Cd8! et mat au 20ème coup.

17.Cf8!

— Note : 17.Cf4? perd du temps : 17…Fc7!.

17...Fc5(!) ou Fc7(!) ou Fd8(!) (objections plongeante, chamelée et royale horizontale) [754 (= 174 + 58 + 522) VSD]

— Note : le quatrième coup légal, 17...Fa7(?), résisterait autant mais permettrait un dual avec 18.Ch7(!) en plus du coup du texte qui suit (18.Cd7).

18.Cd7! Fa7(!) ou Fb6(!) ou Fc7(!) (oppositions dominatrice horizontale, chevaline sacrificielle patifiante et amoureuse horizontale) {754 [= 116 (= 58 x 2) + 174 (= 58 x 3) + 464 (= 58 x 8)] VSD}

19.Cxf6! Fb6(!) ou Fb8(!) ou Fd6(!) ou Fd8(!) ou Fe5(!) ou Ff4(!) ou Fg3(!) ou Fh2(!) (objections ducale horizontale, bi-chevaline, royale horizontale, alfilée, touchante, royale verticale, chamelée et encore bi-chevaline) [754 (= 58 x 13) VSD]

20.Cd7! Fc7(!) (opposition amoureuse horizontale) [58 VSD]

21.f6! et là, après ce coup de pion qui met les Noirs en zugzwang, deux variantes forcées :

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—— A1 et B1) 21…Fb6 ou Fd8 (oppositions chevaline sacrificielle patifiante et amoureuse horizontale) [8 VSD]

Ces deux oppositions formant une surveillance première.

22.Ce5! ~~ (indifférence absolue) [8 (= 4 + 4) VSD]

23.Cc4#

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—— A2 et B2) 21…Fb8 ou Fd6 ou Fe5 ou Ff4 ou Fg3 ou Fh2 (oppositions chevaline sacrificielle patifiante, amoureuse verticale, à nouveau chevaline sacrificielle patifiante, zébrée, antilopienne et niobée) [50 VSD]

Ces six oppositions formant aussi une surveillance première.

22.Cb6! ~~ (indifférence absolue) [50 (= 7 + 9 + 7 + 11 + 9 + 7) VSD]

23.Cc4#

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Rédacteur du présent blog :

Pierre-Antoine CATHIGNOL, né au Mans le 3 décembre 1949, domicilié à Clermont-Ferrand.

Pour tout contact : cathignol@laposte.net

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Édition du mardi 1er mai 2018 à 16h28

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posté le 13-03-2018 à 11:51:54

4. Grand Huit central, par Pierre-Antoine CATHIGNOL

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GRAND HUIT CENTRAL

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NOTE : ce problème a été publié dans l’album FIDE (Fédération Internationale Des Échecs), années 1986-1988 (dans la catégorie des multicoups, naturellement) avec la note remarquable de 11 points sur 12, ce qui le place 4ème (ex-æquo avec 3 autres problèmes) sur 143 problèmes choisis, multicoups de tous pays, publiés durant ces trois années.

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Note : beaucoup de problémistes envoient leurs meilleures œuvres à la FIDE en espérant qu’elles paraîtront dans l’album trisannuel de cette même FIDE, qui regroupent les meilleurs problèmes (selon elle) parus dans les trois années en question, dans tous les genres (9 sections, selon Wikipédia : deux-coups, trois-coups, multicoups, études, aidés, inverses, féeriques, rétrogrades et mathématiques).

Moi, je n’ai jamais rien envoyé du tout mais quelqu’un a dû le faire pour moi car on m’a appris un jour que ce problème y figurait. C’est sans doute le seul, je pense. Mon 44# de Phénix (juillet-août 2003) mériterait d’y être aussi, c’est sûr, mais comme il a été jugé très tardivement (Phénix de décembre 2012), l’album FIDE de cette année-là était sans doute déjà paru.

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Auteur : Pierre-Antoine CATHIGNOL, né le samedi 3 décembre 1949, au Mans (Sarthe).

Problème : N°1823 de DIAGRAMMES N°83 (quatrième trimestre 1987), page 1340.

Composé le : dimanche 19 avril 1987 [numéro personnel : 2416]

Type : direct orthodoxe (= "normal", "traditionnel", "classique", etc.) : les Blancs jouent et font mat au 12ème coup.

Solution abrégée : page 1390 de DIAGRAMMES N°85 (deuxième trimestre 1988).

Essais : 1.Cd5? Fd4! ; 1.Ca6? Fd4! ; 1.Ca8? Fd4! ; 1.Ce8? Fd4! ; 1.Roi joue? Rxd7!

Prix : Premier prix des multicoups 1987-1988 (sur 21 problèmes publiés) :

DIAGRAMMES N°91bis (quatrième trimestre 1989), page 1722.

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Juge : Stephan EISERT, problémiste allemand, né en 1943.

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Beauté : ce problème réalise le thème suivant (dans la variante principale A) :

switchback sur dix coups d’un cavalier blanc parcourant deux losanges symétriques par rapport au point central de l’échiquier, sans aucune prise, le tout en miniature.

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Note du rédacteur du présent blog : une « miniature » est un problème ne comprenant pas plus de sept pièces.

La revue Phénix a publié il y a quelques décennies un ouvrage sur les plus belles miniatures françaises de tous les temps. J’ai acheté le livre. Il s’arrête à l’année 1986 ! L

Ah, quand ça veut pas, ça veut pas ! L

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Commentaires :

— A) Du responsable de la rubrique, dans DIAGRAMMES, Charles WERMELINGER :

« Ce remarquable problème […] mérite une analyse détaillée. »

Puis, à la fin :

« Un problème qui va figurer en bonne place dans l’anthologie des miniatures françaises. »

— B) De deux solutionnistes.

—— Jérôme AUCLAIR :

« Excellent problème, plein de finesse ».

—— Michel DEPRECQ, enfin, m’a gentiment complimenté, de façon amusante. J

— C) Du juge :

« Très beau duel CB / FN en miniature, du même rang que les célèbres œuvres de KUPPER (album FIDE 1956-58, N°367) et de F. FARGETTE (album FIDE 1965-67, N°414). »

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Notes biographiques :

1) Charles WERMELINGER

Internet nous apprend ceci :

Date de naissance : 12 novembre 1922.

Date de décès : 28 mars 2008.

Auparavant, j'avais ceci comme informations :

Problémiste français. Fort solutionniste, il battit tous les records d’assiduité dans la revue Europe-Échecs. Il fut nommé, en 1959, juge international pour la composition. Il a composé environ 400 problèmes.

[selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

Et encore ceci (DIAGRAMMES N°170, juillet-septembre 2009, page 4975), sous la plume du rédacteur en chef Claude WIEDENHOFF :

[...] À la fois fort solutionniste et compositeur de grand talent, il fut l'auteur de nombreux problèmes, essentiellement des hétérodoxes et des féeriques. [...]

D'une rare gentillesse et d'une grande distinction, Charles nous laisse le souvenir d'un homme particulièrement disponible et fidèle. Responsable, durant de nombreuses années, du concours-échelle des inédits orthodoxes de Diagrammes, il a également participé activement à la vérification informatique d'innombrables inédits.

Le style de composition de Charles WERMELINGER était placé sous le signe de l'élégance et de l'esthétique visuelle.

[... ... ... ... ... ... ... ... ... ...] 

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2) Stephan EISERT, problémiste allemand, né en 1943.

Spécialisé dans les multicoups stratégiques, il a publié beaucoup d’œuvres en collaboration avec Hans Peter REHM, né en 1942, aussi problémiste allemand.

[selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

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3) Joseph KUPPER, problémiste suisse.

De façon très inattendue, ce problémiste ne figure pas dans "le Nouveau Guide des Échecs" de Mr Alain BIÉNABE. Cet oubli est d’autant plus étrange qu’Alain BIÉNABE a fait un travail remarquable et extrêmement complet sur la composition échiquéenne, d‘une part, et que, d‘autre part, en plus d‘avoir été un grand joueur d‘échecs, Josef KUPPER fut un grand problémiste, titré « Maître » dans les deux genres.

Toutefois j’ai trouvé beaucoup d’informations sur ce problémiste suisse ici :

http://www.swisschess.ch/nouvelles/le-mi-josef-kupper-est-decede-a-lage-de-85-ans.html

Né en 1932, Le Maître International Josef KUPPER est décédé à Zurich début juin 2017, âgé de 85 ans, au terme d’une longue maladie. Membre de l’équipe suisse durant de nombreuses années, il a été trois fois champion suisse et s’est également illustré dans les problèmes d’échecs.

Ce Docteur en Sciences actuarielles a été un des plus forts joueurs suisses durant plusieurs décennies.

[…]

Josef KUPPER composa plus de 800 problèmes d’échecs et se fit un nom comme problémiste en recevant plus de 100 distinctions lors de tournois. En 2007, soit 53 ans après son titre de MI, il devint Maître FIDE de problèmes d’échecs. En 2002, il remporta encore le Championnat suisse de problèmes d’échecs, et de 1998 à 2004 il présida « l'Association suisse des problémistes ».

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4) François FARGETTE, problémiste français.

Né en 1943, il fut, à la mort de Camil SÉNÉCA (en 1974), nommé président de l’APE et prit la direction de Thèmes 64 pendant 8 ans. Chroniqueur durant de longues années de la rubrique « échecs » du journal Le Figaro. Spécialiste des multicoups, il fut nommé Juge international pour la composition en 1986. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

— Note : François FARGETTE avait un frère puîné Bruno (né en 1948), directeur de Thèmes 64 après son frère aîné, et aussi nommé Juge international pour la composition (en 1978). Voilà pourquoi Stephan EISERT a donné l’initiale du prénom de celui-ci dans son jugement.

— Note : je n’ai pas retrouvé les deux problèmes évoqués par Stephan EISERT mais je crois me souvenir que la célèbre miniature de François FARGETTE était un duel d’un bon fou contre un cavalier, avec donc victoire du camp du bon fou (les Blancs, bien sûr).

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5) Jérôme AUCLAIR :

Problémiste français. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

— Note : toujours actif en 2018 puisque chargé des inscriptions de la prochaine RIFACE à Messigny.

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6) Michel DEPRECQ :

Non cité par Alain BIÉNABE, ce monsieur n‘était peut-être qu‘un simple solutionniste, je ne sais pas.

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Par ailleurs ce problème m’a valu deux très sympathiques courriers. En général, on ne reçoit de courrier que s’il y a quelque chose qui ne va pas. Sinon, le problème est publié directement.

D’abord une longue lettre dactylographiée de feu monsieur Jean BERTIN, en deux parties, datées du 24 avril et 1er juillet 1987, et postée aussitôt après. En voici quelques extraits :

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Cher Monsieur,

Nous sommes quelques amis du Problème d’Échecs, hélas trop peu nombreux, qui nous réunissons à Paris le samedi, de 16h à 18h30 sauf pendant les vacances scolaires.

Samedi dernier était notre ultime réunion avant les vacances, et j’étais là avec Jean MORICE et Pierre DRUMARE, lequel nous a montré la très jolie miniature en 12 coups que vous lui avez envoyée, avec un très long commentaire dont j’ai pris photocopie afin de pouvoir l’examiner en détail.

[… … … … … … … … … … … … … … … … ... ... ... ...]

J’ai été dans ma jeunesse et au cours de ma vie un excellent solutionniste et ai démoli quantité de problèmes, aidant par là même les compositeurs qui me soumettaient leurs projets ; mais je suis né le 30 mai 1901 et viens donc de dépasser mes 86 ans ! Sans être hors d’usage, je n’ai quand même plus la fougue de jadis.

Je pense néanmoins que votre miniature n’est pas démolie. Je le souhaite ardemment.

Ci-joint la solution telle que je la rédigerais si j’en étais chargé.

Je vous prie de me croire amicalement vôtre :

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[plus signature manuscrite de feu monsieur Jean BERTIN, qui, à 86 ans, avait pris la peine de m’écrire pour me dire qu’il avait bien aimé mon problème, qui ne le regardait pourtant en rien puisqu'il n‘était pas tenancier de la rubrique où il était destiné à paraître. Très émouvant, évidemment. ♥]

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Enfin, le 30 juin 1987, on (signature illisible) m’écrivit au sujet de ce problème, qui « plairait certainement à Bruno FARGETTE, spécialiste du genre ». Plus loin, ce monsieur m’écrivit :

« Nous regarderons votre problème. Nous espérons qu’il tient ! PERKONOJA, excellent solutionniste, serait le meilleur pour l’étudier. »

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Explications de texte : J

« Nous espérons qu’il tient ! » signifie que :

a) Mon problème n’est pas insoluble (= zéro solution).

b) Mon problème n’est pas démoli (= deux ou plus solutions).

c) Il n‘est pas entaché d‘un dual.

Car, eh oui !, à cette époque-là, MATEBADIX, qui existait déjà, ne pouvait résoudre ce problème, les ordinateurs étant trop lents et leur RAM trop faible. Je me souviens d’avoir écrit à Ilkka BLOM en lui envoyant un mat en 16 coups très semblable à celui-ci, et en lui disant :

« Si votre logiciel peut me résoudre ce problème, je vous l’achète ».

Mr BLOM me répondit que non, hélas.

Et puis, un jour, sans commentaires, il m’envoya la solution de mon 16#. La capacité des ordinateurs du commerce était en effet devenue suffisante. Alors, j’achetais MATEBADIX à Ilkka BLOM, au moyen d’un chèque joint à une lettre écrite en script en trois langues sur trois colonnes (le français, mon déplorable anglais et le finnois non conjugué ni décliné).

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Quant à « PERKONOJA », c’était trop mal écrit pour que je puisse comprendre. Mais depuis quelques décennies, je sais de qui il s’agit :

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7) Pauli PERKONOJA :

Né en 1941, problémiste finlandais. Spécialiste de l’Étude artistique. Il a été plusieurs fois champion du monde des solutionnistes et fut le premier à recevoir le titre de Grand-Maître International solutionniste (1982). Il est maître et juge international pour la composition depuis 1969 et 1972. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

Oui, alors, évidemment, faute de MATEBADIX, on pouvait s’adresser à Mr PERKONOJA pour vérifier un problème. J

Mais je n’allais pas ennuyer ce monsieur en lui écrivant en trois langues sur trois colonnes (le français, mon déplorable anglais et le finnois non conjugué ni décliné) pour savoir si mon problème était, SELON LUI (car tout le monde peut se tromper, y compris un multiple champion du monde solutionniste) correct ou non.

Et ce, d’autant plus que je n’avais pas su déchiffrer son nom à l’époque et que, de surcroît, j’ignorais… son adresse ! J

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Wikipédia (version anglaise) nous apprend encore que Pauli PERKONOJA est né le 19 juillet 1941 à Tampere (Finlande), qu’il a 76 ans, qu’il travailla au service postal de Turku (eh oui, il faut bien vivre !) et qu’il fut trois fois champion du monde des solutionnistes, en 1986, 1992 et 1995. 

Alain BIÉNABE nous apprend encore, dans son ouvrage (en page 1644), que le titre de « champion du monde des solutionnistes » ne devint officiel qu’à partir de 1983. Mais déjà il en existait un de non officiel dès 1977.

Et… Pauli PERKONOJA fut champion du monde des solutionnistes non officiel en 1977, 1978, 1981 et 1982.

(au passage, voilà pourquoi Alain BIÉNABE a écrit ci-dessus "plusieurs fois champion du monde" et non "trois fois champion du monde".) 

Il fut encore vice-champion du monde non officiel en 1979 et 1980 et vice-champion du monde officiel en 1985, 1988 et 1993.

Saperlipopette, quel palmarès ! 

J’ajoute encore, non sans une certaine fierté, que lorsque je publiais mon « mat en 44 coups » dans Phénix en 2003, cette revue publia l’année suivante la solution en y ajoutant ceci :

« Seul Pauli PERKONOJA s’est attaqué à cet Everest, mais il se demande quelle peut donc être la meilleure défense des Noirs ! ».

Ben maintenant, il la connaît ! J J

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8) Jean BERTIN (1901-1988) :

Problémiste français. Collaborateur dès les premières heures de la revue Thèmes 64, il fut aussi rédacteur de la rubrique « Revivre » de 1947 à 1953. 

[… … … … … … … … ]

Son ouvrage le plus fameux reste cependant son Initiation au problèmes d’échecs : paru en 1964, qui est « le » livre de référence français. Son dernier livre Histoires extraordinaires sur 64 cases fut publié peu avant sa mort. 

[selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

Note : j’avais acheté ce livre Initiation au problèmes d’échecs et, bien sûr, je le possède toujours.

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9) Jean MORICE :

J’ai trouvé sur Internet qu’il était né le 16 août 1930.

Problémiste français. Auteur d’environ 280 problèmes (145 ont été récompensés, dont 60 prix). Il a composé dans tous les genres, mais ses spécialités sont les 2 et 3 coups orthodoxes ainsi que le genre réflexe. Nommé juge international en 1983, il est devenu maître FIDE pour la composition en 1996. Après avoir longtemps travaillé pour la revue Thèmes 64, il est devenu depuis le rédacteur de la section « Orthodoxes » de la revue Phénix. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

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10) Pierre DRUMARE :

J’ai trouvé, sur http://data.bnf.fr/16778069/pierre_drumare/, ceci :

Né à Trouville-sur-Mer (Calvados) le 26-10-1913.

Mort à Paris le 15-04-2001.

Autrement :

Problémiste français. Une monographie de ses compositions (des multicoups pour la plupart) fut publiée en 1980 par Jean BERTIN. Elle contient 51 problèmes. Il est surtout reconnu pour ses recherches sur le « Babson Task orthodoxe ». 

[selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009] 

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11) Joseph Ney BABSON (1852-1929) : 

Problémiste américain. À son nom fut associé le thème des quatre promotions réciproques blanches et noires, idée qu’il imagina en 1913, et qui fut proposée lors d’un concours en son honneur en 1925. Il est l’auteur d’environ 400 problèmes. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009] 

Note : on apprend, en lisant https://en.wikipedia.org/wiki/Babson_task#Directmate_Babsons, que Pierre DRUMARE y a travaillé durant VINGT ANS et parvint seulement en 1980 à réussir un Babson task ; malheureusement la position de départ était illégale (il y avait 30 pièces sur l’échiquier et TROIS prises avaient dû être faites pour obtenir cette position) et il y avait SIX pièces issues de promotion dans cette position de départ, ce qui est aussi interdit dans le "politiquement correct" des problèmes d’échecs (on n’admet que des pièces de promotion préalablement CAPTURÉES donc invisibles ; ah, c’est compliqué, le "politiquement correct" dans les problèmes d‘échecs !). 

Alors, en 1982, deux ans après avoir composé ce problème, Pierre DRUMARE abandonna ses recherches, en disant que le task de Babson ne serait jamais résolu de manière satisfaisante.

Mais dès l'année suivante, Leonid YAROSH, un entraîneur de football de Kazan alors pratiquement inconnu en tant que compositeur de problèmes d‘échecs, réalisa un Babson task 100% correct !!

D’une part la position de départ est légale, et d’autre part il n’y a aucune pièce promue sur l‘échiquier ! 

D'abord publié en mars 1983 dans le célèbre magazine russe d'échecs Shakhmaty SSSR, ce fut la première solution satisfaisante du task de Babson. Pierre DRUMARE lui-même fit des éloges appuyés sur ce problème. C'est un mat en quatre coups […].

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Note du rédacteur du présent blog : 

Je n’ai rien trouvé sur Leonid YAROSH. Même sur : 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Babson_task 

Je crois me souvenir que c’était un tout jeune homme. Son problème fut qualifié de « problème du siècle », tellement la réalisation correcte de ce task semblait impossible. Ce défi lancé au monde par un Étasunien âgé en 1913 fut résolu 70 ans plus tard par un tout jeune Russe, en pleine "Guerre Froide"

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Variations sans dual : 140 variations sans dual.

Variantes sans dual : 2 variantes sans dual.

Parcours sans dual : 2 parcours sans dual. 

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GRAND HUIT CENTRAL

 


4+3                                                                                              12#

 Solution

 

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— Note : il faut 16 secondes à Komodo pour voir le mat en 12 coups ; mais il le trouve en fin de profondeur 24, alors qu’il devrait le trouver en fin de profondeur 23. Enfin, pas bien grave.

— Note : MATEBADIX, pour sa part, et sans paramétrage aucun, trouve la clé en 72 secondes et 77 centièmes.

Il donne les 140 variations sans dual en 92 secondes et 44 centièmes.

Évidemment, si on lui impose la condition que le roi noir ne doit pas bouger, MATEBADIX va beaucoup plus vite, trouvant la clé en zéro seconde et 17 centièmes. Mais ce n’est pas très "sérieux" de lui imposer cette condition car le pion d7 est très près d’aller à dame et rien ne nous dit à l’avance que le roi noir sera maté sur la case d8, sans avoir jamais bougé.

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1.Cb5!

Avec l’idée : 2.Cc3! puis 3.Ce4! menaçant à la fois 4.Cc5! suivi de 5.Cb7#, et 4.Cg5! suivi de 5.Cf7#.

En étudiant les cases conjuguées C/F, particulièrement intéressantes et instructives dans ce problème, on voit tout de suite que 1.Cd5, qui semble plus séduisant car plus central, serait réfuté par 1…Fd4!, tandis que le fou ne peut, de la case a7 où il se trouve au départ, réfuter 1.Cb5! par 1...Fb4¿¿ (injouable) ; et 1...Fd4?, coup qui centralise le fou, est évidemment mauvais à cause de 2.Cxd4! f6 ou f5 (forcé) 3.Ce6#.

1…Fc5 (opposition amoureuse horizontale)

Note : 1...Fb6(?), 1...Fe3(?), 1...Ff2(?) et 1...Fg1(?) résisteraient autant mais permettraient le dual 2.Ca3(!) en plus du coup du texte (2.Cc3), qui suit.

2.Cc3!

Note : 2.Rxc5(!?) gagne, bien sûr, mais avec mat plus tardif. MATEBADIX nous informe qu’il y a mat au 14ème coup (Komodo ne voit un mat qu'au 15ème coup).

On a, par exemple (MATEBADIX) :

2.Rxc5(!?) Rxd7 3.Cd4 f6 4.Ce2 f5 5.Cf4 Rd8 6.Rc6 Re8 7.d7+ Re7 8.Cd5+ Rf7 9.d8D Rg6 10.Cf4+ Rf7 11.Dg5 Rf8 12.Rd6 Rf7 13.Dg6+ Rf8 14.Ce6#

2...Fa7(!) ou Fb6(!) ou Fd4(!) ou Ff2(!) ou Fg1(!) (sinon mat dès le 8ème coup) (objections bi-chevaline, chamelée, touchante, encore chamelée et encore bi-chevaline) [140 (= 28 x 5) VSD]

Ces 5 objections formant une vigilance primaire.

3.Ce4! Fe3(!) (sinon aussi mat dès le 8ème coup) (opposition amoureuse verticale)

4.Cf6!

Le cavalier se dirige vers la grande faiblesse des Noirs, la case h6. De cette case aussi le cavalier peut mater, au même titre que des quatre cases a5, c5, e5 et g5 ; mais, contrairement à ces quatre précédentes cases, h6 n’est pas sur la même rangée ! Cela va créer un surcroît de travail pour le fou, qui sera fatal aux Noirs.

4…Fc1(!) ou Fd2(!) ou Fg5(!) ou Fh6(!) (objections guanaquée, bi-chevaline, touchante et royale horizontale) [28 (= 7 x 4) VSD]

Ces 4 objections formant une vigilance primaire.

Note : 4...Ff4(?), qui complèterait cette vigilance primaire, résisterait autant mais permettrait un dual au 7ème coup.

5.Cg4!

Ce coup menace d’aller en h6 en plus d’aller en e5, ce qui va dérégler la défense noire.

5…Ff4(!) (sinon mat dès le 10ème coup) (opposition amoureuse horizontale) [7 VSD]

6.Cf2!

Menace à la fois 7.Cd3! et 7.Ce4! puis mat deux coups après par 9.Cb7# ou 9.Cf7#, via 8.Cc5!, ou 8.Ce5! ou Cg5!.

Les Noirs ne peuvent pas tout défendre, car il leur faut placer leur fou en d4 sur Cd3, et en e3 sur Ce4.

Ils peuvent toutefois prolonger la lutte au prix d’un zugzwang.

6…Fe3(!) (objection touchante) [toujours 7 VSD]

Note : 6...f6(?), joué tout de suite, résisterait autant mais permettrait le dual 7.Cd3(!) en plus du coup du texte (7.Ce4), qui suit.

7.Ce4! f6(!) (opposition amoureuse verticale)

Les Noirs, en zugzwang, ont été obligés de jouer ce triste coup, qui donne au cavalier blanc une troisième case de mat : e6.

Désormais il n’y a plus à chercher de « cases conjuguées » pour le fou : il n’y en a plus aucune. Le fou va simplement, maintenant, retarder le mat d’un coup, en se sacrifiant]

Note : 7...f5(?) résisterait autant mais permettrait un dual au 9ème coup.

8.Cc3!

Désormais 11 coups résistent autant (seul 8...Fg5? permet un mat dès le 11ème coup) mais seuls 6 de ces 11 coups ne permettent pas de dual au coup suivant ou plus tard :

8...f5(!) ou Fc5(!) ou Fd4(!) ou Ff2(!) ou Fg1(!) ou Fa7(!) [objections royale horizontale (puisqu’en ce premier cas le fou est toujours en e3), royale verticale, touchante, chamelée, bi-chevaline et encore bi-chevaline)

Ces 6 objections formant une vigilance primaire.

Note : 8...Fb6(?) résisterait autant mais permettrait un dual au 10ème coup : 10.Cc7(!) ou 10.Cf4(!), précisément les deux coups qui vont apparaître dans les deux variantes ci-dessous.

9.Cd5!

Puis deux variantes principales :

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— A) 9...Fc5 ou Ff4(!) [si 8...f5(!) a été joué] (oppositions amoureuse horizontale et chevaline sacrificielle patifiante) ou bien 9...f5(!) [si 8...Fc5(!) a été joué] (opposition amoureuse horizontale) ou bien 9...Fe5(!) [si 8...Fd4(!) a été joué] (aussi opposition amoureuse horizontale) ou bien 9...Fg3(!) [si 8..Ff2(!) a été joué] (opposition zébrée) ou bien 9...Fh2(!) [si 8..Fg1(!) a été joué] (opposition antilopienne) [6 VSD]

Ces 6 oppositions formant une surveillance première.

Note : bien d’autres neuvièmes coups noirs résistent autant, mais alors ils permettent des duals, 10.Cc7(!) et 10.Cf4(!) permettant alors presque toujours l’un et l’autre de mater au 12ème coup.

Il existe encore un autre coup faible qui, lui, conduit à un trial au 11ème coup : cas de 8.Cc3! Fc5(!) 9.Cd5! Fxd6(??) 10.Rxd6! f5 (forcé) et trial.

10.Cc7! Fxd6(!) (objection touchante sacrificielle)

11.Rxd6!, Pion "f" joue (forcé)

12.Ce6#

-----------------------------------------------------------------------------------------------

— B) 9...Fb8(!) [si 8..Fa7(!) a été joué] (opposition zébrée) [1 VSD]

10.Cf4! Fxd6(!) (objection alfilée sacrificielle)

11.Rxd6! f5 (forcé)

12.Ce6#

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Note : dans la variante A, le parcours du cavalier forme deux losanges (joints entre eux, évidemment) symétriques par rapport au point central de l’échiquier, l’ensemble donnant plus ou moins l’impression du chiffre 8, d’où le titre de ce problème.

Voici le parcours du cavalier : c7-b5-c3-e4-f6-g4-f2-e4-c3-d5-c7 (puis mat en e6)..

Les deux losanges formés sont : c7-b5-c3-d5-c7 et e4-f6-g4-f2-e4.

Note : seul le second losange est parcouru ; le premier n’est que formé (case b5 à l’aller ; case d5 au retour).

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RECHERCHE DE LA SOLUTION

On voit tout de suite que si le pion noir f7 avance, les Blancs gagnent aisément, car ils disposent alors dune troisième case de mat pour leur cavalier (en plus de b7 et f7) : la case e6.

On doit donc dabord étudier les cases « correspondantes » (alias « conjuguées ») du duel C / F, dans la position initiale du problème. Je vais les détailler un peu ci-après.

La méthode est simple : on constate dabord que si le cavalier parvient en a5, c5, e5, g5 ou h6, ils matent au coup suivant.

On déduit ensuite que si le cavalier vient en b3, d3, f3, c4, e4, le fou doit venir en (respectivement) b4, d4, f4, c3 et e3.

De même, si le cavalier vient en g4, le fou doit venir en f4 ou g7. Et on remonte ainsi, jusquà ce quon parvienne à un système de cases correspondantes qui ne se réduit plus. On constate alors que :

— A) Certaines cases sont gagnantes pour le cavalier.

— B) Certaines cases sont inaccessibles au cavalier.

— C) Certaines cases permettent au cavalier de gagner, sauf si le fou se trouve sur une / deux / trois / quatre/ / plusieurs cases : ces cases pour le fou, qui permettent aux Noirs de « tenir bon » sont donc les fameuses cases appelées cases « correspondantes » (alias cases « conjuguées »).

À ce stade du raisonnement, il y a un point important à préciser : on est dans le contexte dune recherche dun mat en douze coups. Que se passe-t-il si le fou vient en c5 (ce sera le cas ci-après, sur Cc8) ?

Eh bien, on accepte c5 pour le fou comme case conjuguée à c8 pour le cavalier !

En effet, si le roi savise de prendre le fou, on obtient ceci :

1.Rxc5 Rxd7 2.Cb6+ Re6 3.d7 Re7 4.Rc6 Rf6 5.d8D+ Rf5 6.Dh4 Rg6 7.Cd7 f6 8.Rd6 Rf5 9.Re7 Rg6 10.Dg4+ Rh6 11.Rxf6 Rh7 12.Dg7#

Il y a de très nombreuses suites différentes, mais les Blancs et les Noirs jouant tous deux au mieux, cest 12 coups quil faut aux Blancs pour mater. 12 coups de plus (car dans la position de départ du problème, le cavalier n'est pas en c8 et le fou nest pas en c5), donc, au final, un mat trop long.

Par conséquent, on na pas à soccuper de la prise éventuelle du fou en c5 par le roi blanc.

Toutefois, en appendice, je donnerai un intéressant système de cases conjuguées, qui va jusquà empêcher le gain des Blancs, même en plus de 12 coups, sils ne jouent pas 1.Cb5!!.

 

Revenons au problème. Létude exhaustive des cases conjuguées C / F montre que la case d4 est bonne pour le fou si le cavalier blanc se trouve en a6, a8, e8 et d5 ; et cette étude montre aussi que, si le cavalier se trouve en b5, ni la case d4 ni toute autre case accessible au fou à partir de sa case initiale a7, nest une case conjuguée pour le fou.

La clé du problème est donc 1.Cb5!!

Après avoir joué 1.Cb5!!, les Blancs, sur chaque réponse noire, doivent poursuivre en jouant sur une des cases qui na pas de conjuguée accessible, jusqu'à ce que les Noirs soient obligés de jouer f7-f6.

Cela ne nous donne pas tout de suite toute la solution, mais cela écarte bien des essais inutiles.

À noter encore ceci : dans certains problèmes, où le fou est très mal placé au départ, il peut arriver que le cavalier blanc débute par deux ou trois coups où il existe bien une (au moins) case conjuguée, mais que celle(s)-ci se trouve(nt) provisoirement inaccessible(s) au fou noir.

Ici, cest le cas pour (seulement) le premier coup : le fou noir ne peut jouer de a7 à b4 (Fb4 obtiendrait la nulle).

Cases "correspondantes" (alias "conjuguées") dans ce problème

Elles sont particulièrement intéressantes ; instructives aussi.

Toutefois, je ne vais pas les donner toutes ; je vais me contenter de donner un système de cases conjuguées simple, formant un ensemble harmonieux, et facile à mémoriser, qui est le système ci-après, où, à lexception des cases a6, a8 et e8, le fou répond toujours par une opposition sur la même colonne que celle où se situe le cavalier.

 

On a donc ainsi (rappel : il y a souvent dautres cases conjuguées pour le fou) :

CASES BLANCHES :

Ca2 —-> Fa1! Cb3 —-> Fb4! Cb5 —-> Fb4! (trois oppositions amoureuses verticales)

Cc2 —-> Fc1! Cd3 —-> Fd4! Cd5 —-> Fd4! (trois oppositions amoureuses verticales)

Ce2 —-> Fe1! Cf3 —-> Ff4! Cf5 —-> Ff4! (trois oppositions amoureuses verticales)

Cg2 —-> Fg1! Ch3 —-> Fh4! Ch5 —-> Fh4! (trois oppositions amoureuses verticales)

Ca6 —-> Fd4! (opposition zébrée)

Ca8 —-> Fd4! (opposition antilopienne)

Cc8 —-> Fc5! (opposition dominatrice verticale) [Rappel : on ne craint pas le coup : Rc6 x Fc5]

Ce8 —-> Fd4! (opposition girafée)

Cg8 —-> Fg5! (opposition dominatrice verticale)

Cases gagnantes pour les Blancs, mais inaccessibles au cavalier : b7 et f7 (les deux cases qui donnent le mat) et c4, e4, g4.

Cases inutiles pour les Blancs, de plus inaccessibles au cavalier : a4, b1, d1, f1, h1, h7.

Cases perdantes pour les Blancs : e6 et g6, bien sûr.

CASES NOIRES :

Ca1 —-> Fa3! Cb4 —-> Fb2! (deux objections royales verticales)

Cc1 —-> Fc3! Cd4 —-> Fd2! (deux objections royales verticales)

Ce1 —-> Fe3! Cf4 —-> Ff2! (deux objections royales verticales)

Cg1 —-> Fg3! Ch4 —-> Fh2! (deux objections royales verticales)

Ca7 —-> Fa3! (objections ducale verticale)

Cc7 —-> Fc3! (objections ducale verticale)

Ce7 —-> Fe3! (objections ducale verticale)

Cg7 —-> Fg3! (objections ducale verticale)

Cb8 —-> Fb2! (objection comtale verticale)

Cases gagnantes pour les Blancs, mais inaccessibles au cavalier :

b2, d2, f2, h2, a3, c3, e3, g3, a5, c5, e5, g5, b6, f6 et h6.

Cases inutiles pour les Blancs, de plus inaccessibles au cavalier : f8 et h8.

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APPENDICE

 

C’est un peu hors sujet (et même beaucoup) mais voici quelques informations sur les cases "correspondantes" (alias "conjuguées") dans ce problème, sans limitation du nombre de coups pour le gain.

Je rappelle d’abord que, ci-dessus, je ne les ai pas données toutes, il s’en faut de beaucoup. !

Plus le cavalier est excentré et peu menaçant, plus il existe des possibilités pour le fou noir d’annuler, en se positionnant sur d’autres cases que celles que j’ai données.

Exemple : quand le cavalier vient en c8, j’aurais pu donner Fg1! comme coup conjugué annulant, mais j’ai préféré donner comme coup annulant pour mon problème Fc5!, pour deux raisons :

— A) Rappeler que la prise en Rxc5 n’est pas à craindre puisque, alors, il y a bien mat, mais en plus de 12 coups.

— B) Donner un exemple d’opposition dominatrice verticale qui marche, comme marche Fg5! pour Cg8.

De même d’ailleurs j’aurais pu mettre Fa5! pour Ca8, et Fe5! Pour Ce8 et avoir ainsi quatre oppositions dominatrices verticales lorsque le cavalier est sur une case blanche de la huitième rangée, car ça marche aussi (si les Blancs jouent Ca8-c7 ou Ce8-c7 alors les Noirs répliquent par Fa5-c3!!, respectivement Fe5-c3!!, et partie nulle). Sauf que, compte tenu de la position de départ, il se trouve que le cavalier peut aller en a8 ou e8 dès le premier coup blanc et que les répliques Fa5¿¿ et Fe5¿¿ sont alors impossibles. Je me suis donc rabattu sur Fd4!, qui marche dans les deux cas et qui, lui, est jouable dès le premier coup noir.

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Bref, si l’on donne aux Blancs autant de coups qu’ils veulent pour gagner la position du GRAND-HUIT CENTRAL, les cases conjuguées annulantes diminuent sensiblement pour le fou, qui ne peut plus se permettre daller en c5, ni en b6 dailleurs, avec de nombreuses conséquences par ricochet.

Mais il en reste encore beaucoup !

Et le circuit que jai présenté ci-dessus va à peine être modifié.

Il suffit en effet de faire les deux remplacement suivants :

 

CASES BLANCHES : Cc8 ——-> Fd4! (opposition girafée) [Fg1! et Ff2! conviennent aussi]

 

CASES NOIRES : Ca7 ——-> Fc3! (objection bi-chevaline) [Fa1!, Fd4!, Fe5!, Ff6!, Fg7 et Fh8! conviennent aussi]

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Rédacteur du présent blog :

Pierre-Antoine CATHIGNOL, né au Mans le 3 décembre 1949, domicilié à Clermont-Ferrand.

Pour tout contact : cathignol@laposte.net

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Édition du lundi 30 avril 2018 à 12h45

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posté le 09-03-2018 à 21:53:59

3. Chemin escarpé, par Pierre-Antoine CATHIGNOL

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CHEMIN ESCARPÉ

Auteur : Pierre-Antoine CATHIGNOL, né le samedi 3 décembre 1949, au Mans (Sarthe).

Problème : N°1764 de DIAGRAMMES N°81 (deuxième trimestre 1987), page 1299.

Composé le : vers 1977 [numéro personnel (a posteriori) : 2249]

Note explicative : je me suis décidé à envoyer ce problème pour publication environ DIX ANS après sa création, malgré sa clé dramatiquement évidente, ne parvenant toujours pas à composer un duel 100% « Cavalier contre Fou » long de plus de 18 coups, ou même un autre long aussi de 18 coups, et sans prise encore bien !

Type : Direct orthodoxe (= "normal", "traditionnel", "classique", etc.) : les Blancs jouent et font mat au 18ème coup.

Solution abrégée : page 1343 de DIAGRAMMES N°83 (quatrième trimestre 1987).

Essais : il n’y a pas d’essai sérieux !! Envoyé pour publication uniquement parce que record de longueur.

Prix : Deuxième prix des multicoups 1987-1988 (sur 21 problèmes publiés) :

DIAGRAMMES N°91bis (quatrième trimestre 1989), page 1722.

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Juge : Stephan EISERT, problémiste allemand, né en 1943.

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Beauté : longueur exceptionnelle pour un problème direct orthodoxe dans lequel seules deux pièces jouent :

Le cavalier joue les 18 coups des Blancs.

Le fou joue les 17 coups des Noirs.

De surcroît, il n’y a aucune prise !

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Commentaires :

— A) Du responsable de la rubrique, dans DIAGRAMMES, Charles WERMELINGER :

« Plusieurs solutionnistes ont cru pouvoir résoudre en 16 coups. Il n’en est rien, car l’auteur a exploré toutes les possibilités et son analyse comporte 12 pages de variantes ! »

— B) Du juge : Un duel grandiose, de la même famille que le premier prix, mais visiblement orienté vers un record de longueur, car les premiers coups du CB sont tels que l’on a envie de citer "Der Taucher" ("Le plongeur") de SCHILLER :

Gleich faßt mich der Strudel mit rasendem Toben,

Doch es war mir zum Heil, er riß mich nach oben.

[Déjà le tourbillon me saisit avec rage,

Mais ce fut pour mon salut, il m’entraîna vers le haut.]

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Notes biographiques :

1) Charles WERMELINGER

Internet nous apprend ceci :

Date de naissance : 12 novembre 1922.

Date de décès : 28 mars 2008.

Auparavant, j'avais ceci comme informations :

Problémiste français. Fort solutionniste, il battit tous les records d’assiduité dans la revue EUROPE-ÉCHECS. Il fut nommé, en 1959, juge international pour la composition. Il a composé environ 400 problèmes.

[selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

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2) Stephan EISERT, problémiste allemand, né en 1943.

Spécialisé dans les multicoups stratégiques, il a publié beaucoup d’œuvres en collaboration avec Hans Peter REHM, né en 1942, aussi problémiste allemand.

[selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

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Et puis aussi (pour votre instruction générale, car moi je m‘en fiche un peu) : J

3) Johann Christoph Friedrich (von) SCHILLER est un poète, écrivain et théoricien de l'esthétique allemand, né le 10 novembre 1759 à Marbach am Neckar et mort le 9 mai 1805 à Weimar.

Auteur de poèmes et de pièces de théâtre à caractère philosophique, il est connu pour avoir développé la notion de création artistique en tant que vecteur de la Weltanschauung, c'est-à-dire de conception du monde.

(selon Wikipédia) J

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NOTE : 35 demi-coups en tout. RECORD DU MONDE ?

Je ne connais pas de problème "direct orthodoxe" (= "normal", "traditionnel", "classique", etc.) plus long dans lequel jouent une SEULE pièce blanche (ici : le cavalier) et une SEULE pièce noire (ici : le fou), le tout SANS AUCUNE PRISE !

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— Je n’ai même jamais rien trouvé d’approchant. On trouve beaucoup de mats en 50 coups, 100 coups ou même plus encore, où peu de pièces jouent, une espèce de « refrain » revenant régulièrement avec une pièce blanche et une pièce noire qui jouent. Mais il y a toujours des « couplets » entre ces refrains, avec au moins une autre pièce qui joue. En plus, les tout derniers coups sont souvent joués par une ou deux autres pièces en plus. Bref, ce n’est pas comme dans mon problème.

— Vers l’an 2000, j’ai fait publier par DIAGRAMMES, grâce à la gentillesse de Claude WIEDENHOFF, un petit texte montrant trois problèmes (celui-ci et deux autres d'environ 25 coups) qui sont peut-être des records du monde de longueur, en demandant aux lecteurs si l’un d’entre eux savait si on avait fait mieux dans le genre.

Les années ont passé, DIAGRAMMES a coulé, mais je n’ai jamais reçu de réponse, hélas. L

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Variations sans dual : 8480 variations sans dual.

Variantes sans dual : 7 variantes sans dual.

Parcours sans dual : 7 parcours sans dual.

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J’avoue que je ne m’attendais pas à recevoir un prix, tellement la clé (le premier coup des Blancs) est évidente. Je craignais même que ce problème ne fût même pas publié, pour la même raison. Mais feu Charles WERMELINGER l’a accepté pour publication et Stephan EISERT a bien compris que ce problème était « visiblement orienté vers un record de longueur » (je le cite, dans son jugement). Comme pour mes autres records de longueur, il est fréquent que, en tentant de le rallonger au maximum, on aboutisse à une clé triviale, plus ou moins évidente. Mais, en terme d’évidence, ce problème bat évidemment tous les records vu que seul le cavalier peut jouer, d’une part, et que, d’autre part, il n’y a que sur la case a1 où il puisse jouer sans être en prise, subissant la forte opposition dominatrice verticale de son sinistre adversaire, le fou noir des Noirs.

À cause de ce record de longueur, j’estime que mon prix était tout à fait mérité.

Et je n’ai pas jalousé l’auteur du Premier Prix, vu que j’ai une sympathie particulière pour son auteur et son problème. J

Si vous voulez en savoir plus, lisez l’article suivant de mon blog. J

 

 

CHEMIN ESCARPÉ

 

 


6+7                                                                                          18#

 

Solution

 

 

— Note : il faut 9 minutes et 1 seconde à Komodo pour voir le mat en 18 coups ; mais il le trouve en fin de profondeur 35, ce qui (pour une fois !!) est logique, puisque le mat survient au bout de 35 demi-coups. Il faut dire qu’on ne pouvait pas lui proposer plus simple, vu que toutes les pièces autres que le cavalier et le fou sont immobilisées. Mais ça devrait être TOUJOURS ainsi, c’est-à-dire que, lorsqu’une une fin de profondeur (2n-1) est atteinte, TOUTES les situations possibles au bout de n coups blancs et (n-1) coups noirs devraient avoir été examinées. Or Komodo, menteur comme la plupart de ses concurrents du commerce, est très loin de tout ça, en règle générale (voir certains de mes autres blogs).

— Note : MATEBADIX (pas même paramétré) trouve la clé en 1 seconde et 76 centièmes. Par contre il ne donne pas les 8480 variations sans dual car sa mémoire est pleine (sur mon vieux PC Windows XP). Il faut le décomposer en deux, après chaque premier coup noir possible (voir juste ci-dessous), pour avoir, en deux fois moins de 10 secondes, les 8480 variations sans dual.

 

1.Ca1! Fd4(!) ou Fa7(!) (sinon mat dès le 10ème coup) (objections plongeante et comtale verticale) [8480 (= 4240 + 4240) VSD]

Ces 2 objections forment une vigilance tertiaire, dont le but est de pouvoir aller en b6 sur Cb3.

2.Cb3! Fb6(!) (sinon aussi mat dès le 10ème coup) (opposition dominatrice verticale) [4240 VSD]

3.Cc1! Fc5(!) ou Fc7(!) (sinon mat dès le 12ème coup) (objections verticales ducale et comtale) [4240 (= 2120 + 2120) VSD]

On pourrait donner un nom à cette sorte de vigilance qui se prépare à aller sur une case précise au coup suivant (ici d6) SANS rester sur une même diagonale, mais je ne l’ai pas fait (sur mon blog des "Situations"). Ça arrive pourtant souvent.

4.Cd3! Fd6(!) (sinon aussi mat dès le 12ème coup) (opposition dominatrice verticale) [2120 VSD]

5.Cb2! Fe5(!) (sinon mat dès le 14ème coup) (objection plongeante) [toujours 2120 VSD]

L’objection plongeante, quand elle est la réponse UNIQUE comme ici, c’est rare !

6.Cc4! Fc7(!) (sinon aussi mat dès le 14ème coup) (opposition dominatrice verticale) [toujours 2120 VSD]

7.Ca3! Fd6(!) (sinon mat dès le 16ème coup) (objection plongeante) [toujours 2120 VSD]

L’objection plongeante, quand elle est la réponse UNIQUE comme ici, c’est rare !

Comment ça, je me répète ? Peut-être, mais… c’est rare ! J

8.Cb5! Fe5(!) (sinon mat dès le 14ème coup) (opposition dominatrice horizontale) [toujours 2120 VSD]

9.Ca7! Fd4(!) (objection plongeante) [toujours 2120 VSD]

— Note : 9...Fb2(?), 9...Fc3(?) et 9...Fg7(?) résistent aussi longtemps que 9...Fd4(!) joué ci-dessus (mat au 18ème coup également). Mais ces trois coups permettraient un dual avec 10.Cc8(!) en plus du coup du texte (10.Cc6) qui suit.

C’est l’occasion pour le lecteur de mieux comprendre pourquoi, dix ans après avoir composé ce problème, je ne l’avais pas même égalé. Je me souviens notamment d’avoir composé un mat en 16 coups mais… qui présentait au moins un dual dans toutes les variantes principales. Ici, 9...Fd4(!) ne permet pas de dual à cause de l’enfermement qui suivrait :

10.Cc8? Fc5!! 11.Cavalier joue (forcé) Fou prend Cavalier!! : pat !

10.Cc6! Ff6(!) (sinon mat dès le 12ème coup) (opposition dominatrice) [toujours 2120 VSD]

— Note : sur un autre 10ème coup noir, le mat surviendrait ainsi :

—— A) 10...Fc5? 11.Ce5! ~~ 12.Cg6#

—— B) 10...Autre coup? 11.Ce7! ~~ 12.Cf5# ou Cg6#

11.Cb8! Fd4(!) ou Fe5(!) ou Fe7(!) (objections bi-chevaline, plongeante et chamelée) [2120 (= 312 +1060 +748) VSD]

— Note : 11...Fa1(?), 11...Fb2(?), 11...Fc3(?) et 11...Fh8(?) résistent aussi longtemps que 11...Fd4(!), 11...Fe5(!) et 11...Fe7(!) joués ci-dessus (mat au 18ème coup également). Mais ces quatre coups permettraient un dual avec 12.Ca6(!) en plus du coup du texte (12.Cd7) qui suit.

À ce stade, il n’apparaît toujours pas de variantes, car le douzième coup blanc est le même dans les trois cas, à savoir :

12.Cd7!

Toutefois, les Noirs ayant maintenant deux bonnes défenses, à savoir : 12…Fd6(!) et 12…Fg7(!), cela crée une petite difficulté (de bien peu d’importance) au niveau du calcul du nombre de variations sans dual, vu que :

—— a) 11…Fd4(!) permet de jouer 12…Fg7(!), mais pas 12… Fd6(!).

—— b) 11…Fe7(!) permet de jouer 12…Fd6(!), mais pas 12… Fg7(!).

—— c) 11…Fe5(!) seul, permet de jouer à la fois 12…Fd6(!) et 12…Fg7(!).

Le plus simple me paraît d’étudier seulement 11…Fe5(!) et, ainsi, on aura toutes les variantes sans dual. Quant au nombre de variations sans dual, on l’obtiendra en doublant les chiffres obtenus, vu que 11…Fd4(!) et 11…Fe7(!) auront été occultés.

On a donc [sur 11...Fe5(!) 12.Cd7!] les deux variantes principales suivantes A et B (sinon mat dès le 14ème coup) :

Notez qu’on va trouver 748 VSD puis 312 VSD, le total faisant seulement 1060 VSD, et non 2120, ce qui est normal, vu que, si on va bien étudier toutes les variantes, on ne va par contre étudier que la moitié des variations. Pigé ? J

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— A) 12...Fd6(!) (opposition amoureuse verticale) [748 VSD]

13.Cf6! Fa3(!) ou Fb4(!) ou Fc5(!) ou Fe7(!) (sinon mat dès le 16ème coup) (objections guanaquée, bi-chevaline, chamelée et touchante) [748 (= 187 x 4) VSD]

Ces 4 objections forment une vigilance primaire (visant la case f8).

14.Ce8! Ff8(!) (sinon mat dès le 16ème coup) (opposition amoureuse horizontale) [748 (= 187 x 4) VSD]

15.Cc7! et là, deux variantes principales, A1 et A2 :

À noter que 15...Fc5(?) n’en fait pas partie bien qu’il résiste autant car il permettrait un dual, 16.Cb5(!) et 16.Ce6(!) conduisant alors l’un comme l’autre à un mat dès le 18ème coup.

À noter par ailleurs que chacune des 187 VSD ci-dessus va se trouver décomposée en 171 VSD plus 16 VSD.

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—— A1) 15...Fa3(!) ou Fb4(!) ou Fd6(!) ou Fe7(!) ou Fg7(!) (objections bi-chevaline, chamelée, touchante, royale horizontale et ducale horizontale) [171 (= 24 + 26 + 25 + 24 + 72) VSD]

Les 4 premières objections formant une vigilance primaire.

16.Ce6! et là, trois variantes principales [il existe des coups, comme 16...Fa3(?), non considérés car ils permettraient un dual au coup suivant] A11, A12 et A13 :

---------------------------------------------

——— A11) 16...Fa1(!) ou Fb2(!) ou Fc3(!) ou Fd4(!) ou Fe5(!) ou Ff6(!) ou Fh8(!) (oppositions niobée, antilopienne, zébrée, chevaline sacrificielle patifiante, amoureuse verticale, amoureuse horizontale et encore zébrée) {102 [= 7 + 18 (= 9 x 2) + 22 (= 11 x 2) + 10 + 20 (= 10 x 2) + 18 (= 9 x 2) + 7] VSD}

Ces 7 oppositions forment surveillance première.

17.Cf8! ~~ (indifférence absolue)

18.Cg6#

---------------------------------------------

——— A12) 16...Fc5(!) (opposition chevaline sacrificielle patifiante) [32 (= 8 x 4) VSD]

17.Cg7! ~~ (indifférence absolue)

18.Cf5#

---------------------------------------------

——— A13) 16...Ff8(!) ou Fh6(!) (oppositions chevaline sacrificielle patifiante et dominatrice horizontale) {37 [= 35 (= 7 x 5) + 2] VSD}

17. Cd4! ~~ (indifférence absolue)

18. Cf5 #

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—— A2) 15...Fh6(!) (objection ibisée, TRÈS RARE ainsi en solitaire) [16 VSD]

Note : cette objection n’est solitaire que d’une certaine façon, vu que 15...Fg7(!) ci-dessus conduit aussi à une variante principale (A1). Mais ce n’est pas la même variante. Ces deux objections forment une (pseudo-) vigilance secondaire.

16.Cb5! et là, deux variantes forcées, A21 et A22 :

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——— A21) 16...Ff8(!) (opposition antilopienne) [7 VSD]

17. Cd4! ~~ (indifférence absolue)

18. Cf5 #

---------------------------------------------

——— A22) 16...Fg7(!) (opposition corsarée) [9 VSD]

17. Cd6! ~~ (indifférence absolue)

18. Cf5 #

-----------------------------------------------------------------------------------------------

— B) 12...Fg7(!) (opposition dominatrice horizontale) [312 VSD]

13.Cc5! Fe5(!) ou Ff6(!) ou Ff8(!) (objections royale horizontale, chamelée et plongeante) [312 (= 104 x 3) VSD]

— Note : 13...Fa1(?), 13...Fb2(?), 13...Fc3(?), 13.Fd4(?), 13.Fh6(?) et 13...Fh8(?) résistent aussi longtemps que 13...Fe5(!), 13...Ff6(!) et 13...Ff8(!) joués ci-dessus (mat au 18ème coup également). Mais ces six coups permettraient un dual avec 14.Cb7(!) en plus du coup du texte (14.Ce6) qui suit.

14.Ce6! Fg7(!) (sinon mat dès le 16ème coup) (opposition chevaline sacrificielle patifiante) [104 VSD]

15.Cd8! Fa1(!) ou Fb2(!) ou Fc3(!) ou Fd4(!) ou Fe5(!) ou Fh8(!) (objections cériomée, bi-chamelée, ibisée, ducale verticale, chamelée et ducale horizontale) [104 (= 19 x 6) VSD]

Ces 6 objections forment une vigilance secondaire.

16.Cf7! et là, deux variantes principales, B1 et B2 :

Pas davantage de variantes principales car le cavalier menace de mater en deux coups de quatre façons différentes (par 18.Cf5# via 17.Cd6! et 17.Ch6! d’une part, et 18.Cg6# via 17.Ce5! et 17.Ch8! d'autre part) ; et, en conséquence, deux seizièmes coups noirs seulement permettent d’éviter des duals.

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—— B1) 16...Fe5(!) (opposition chevaline, sacrificielle patifiante) [50 (= 10 x 5) VSD]

17. Ch6! ~~ (indifférence absolue)

18. Cf5 #

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—— B2) 16...Fg7(!) (opposition amoureuse horizontale) [54 (= 9 x 6) VSD]

17. Cd6! ~~ (indifférence absolue)

18. Cf5 #

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On a donc bien au total sept variantes, à savoir :

A11, A12, A13, A212, A22, B1 et B2.

Rappelons que le nombre de variations est de très peu d’intérêt. Et que, par contre, en général, l’intérêt d’un problème traditionnel augmente avec les nombre de variantes.

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Rédacteur du présent blog :

Pierre-Antoine CATHIGNOL, né au Mans le 3 décembre 1949, domicilié à Clermont-Ferrand.

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Édition du samedi 10 mars 2018 à 18h20

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posté le 08-03-2018 à 19:44:17

2. Case pour case, par Pierre-Antoine CATHIGNOL

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CASE POUR CASE

Auteur : Pierre-Antoine CATHIGNOL, né le samedi 3 décembre 1949, au Mans (Sarthe).

Problème : N°1069 de DIAGRAMMES N°49 (premier bimestre 1981), page 855.

Composé le : vers 1980 [numéro personnel : 701].

Type : direct orthodoxe : les Blancs jouent et font mat au 11ème coup.

Solution abrégée : page 894 de DIAGRAMMES N°52 (quatrième bimestre 1981).

Essais : 1.Cc7?, Fe7!! et égalité ! ; 1.Cf6?, Fd6!! et égalité !

Prix : deuxième prix des multicoups 1981 (parmi 23 problèmes) : DIAGRAMMES N°68 (sixième bimestre 1984), page 1087.

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Juge :

Manfred ZUCKER, problémiste allemand.

Wikipédia nous apprend ceci :

Date et lieu de naissance : 15 avril 1938, Chemnitz, Allemagne.

Date et lieu de décès : 23 octobre 2013, Chemnitz, Allemagne.

Auparavant, j'avais ceci comme informations :

Auteur d’environ 750 problèmes (des multicoups en majorité), il fut nommé juge international pour la composition en 1972.

Depuis 1973, il s’occupe de la section "Problèmes" de la revue « Schach » et de celle de la « Freie Presse » depuis 1960. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

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Beauté : La beauté ne réside pas dans la solution, mais dans les essais infructueux, et leurs suites.

Ce problème est en effet une étude (il aurait pu s’intituler : « Les Blancs jouent et gagnent ») et il est très intéressant de noter ce qui se passe si le cavalier blanc joue 1.Cc7? ou 1.Cf6?. Les Noirs répliquent alors respectivement : 1.Fe7! ou 1.Fd6! et l’on assiste à la chose suivante, rare dans les duels « Cavalier / Mauvais-Fou » :

Le cavalier peut tourner en rond sur 17 cases « sérieuses », et, pour chacune de ces 17 cases, le fou n’a qu’une seule case « conjuguée » lui permettant d’annuler.

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Commentaires :

— a) D’un solutionniste :

« Ouf !… Simple… quand on a compris le système ! » (J. SCHMUTZ)

— b) D’un autre solutionniste :

« Un puzzle difficile à reconstituer. » (Philippe COLLET)

— c) Du juge :

« […] Un tel duel Cavalier / Fou n’est certes pas nouveau, mais cette suite précise de onze coups est quand même impressionnante. »

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Notes biographiques :

1) J. SCHMUTZ : inconnu d’Alain BIÉNABE en mars 1993.

Note : les solutionnistes ne sont pas toujours des problémistes. C’est comme pour les mots croisés. Il y a ceux qui en composent et il y a ceux (beaucoup plus nombreux) qui s’essaient à les résoudre.

2) Philippe COLLET : problémiste français né en 1949. Directeur de la revue « ZWANGZUG », ce fort solutionniste a surtout composé des mats aidés. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

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Variations sans dual : 992 variations sans dual.

Variantes sans dual : 2 variantes sans dual.

Parcours sans dual : 2 parcours sans dual.

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Avertissement :

Je suis désolé mais je ne suis pas d’accord avec le commentaire du juge. Des mats en 11 coups dans un duel « cavalier contre mauvais fou », c’est très court. Vous en verrez de beaucoup plus longs (18, 23, 27 et 44 coups) dans les articles à venir. Et je me souviens qu’un jour j’en ai composé un DE TÊTE, en 11 coups également. Je l’ai fait vérifier par MATEBADIX : il était exact et "correct" (nombreuses variantes sans dual). Mais je ne l’ai pas conservé, car sans aucun intérêt à mes yeux, et son diagramme ne figure même pas dans mes cahiers !

L’intérêt du problème ci-dessous est tout autre, et il figure dans le titre, à savoir l’unicité des cases conjuguées pour le fou, à chaque case "sérieuse" accessible au cavalier. Tant mieux pour moi, si, pour une autre raison, que j’estime totalement insuffisante, feu Mr Manfred ZUCKER a jugé bon de m’accorder un prix. Selon moi, ça n’en méritait pas un. Une "Mention d’Honneur", oui peut-être, mais certainement pas un "Prix". On verra par la suite que je n’ai pas toujours été "chanceux" dans les jugements de mes problèmes ; mais là, oui, c’est sûr. Ça ne serait d’ailleurs sûrement pas arrivé si on avait jugé davantage de problèmes en même temps. 23 problèmes, c’est trop peu. Il aurait fallu juger les problèmes de deux années consécutives, 1980 et 1981 ou bien 1981 et 1982 pour avoir une quarantaine de problèmes.

 

CASE POUR CASE

 


7+7                                                                                              11#

 Solution

 

(pour rappel : en gras bleu, le TVP = Texte des Variantes Principales)

1.Cg7! Fe7(!) ou Fd4(!) (sinon mat dès le 6ème coup) (objection royale et objection plongeante) [992 (496 + 496) variations sans dual]

2.Cf5! Fc5(!) (sinon mat dès le 4ème coup) (opposition dominatrice horizontale) [496 variations sans dual]

3.Ch4! Fd4(!) (sinon mat dès le 6ème coup) (objection ducale) [toujours 496 VSD]

4.Cf3! Fc3(!) (sinon mat dès le 6ème coup) (opposition dominatrice) [toujours 496 VSD]

5.Cg5! Fe5(!) (sinon mat dès le 10ème coup) (objection royale) [toujours 496 VSD]

6.Cxh7! Ff6(!) (opposition chevaline patifiante) [toujours 496 VSD]

Note : les 11 coups noirs légaux, qui sont les onze coups du fou, résistent tous autant ; mais seul le coup du texte [6...Ff6(!) ci-dessus joué] génère des variantes sans dual ou trial dès le coup suivant, sauf 6...Fg7(!) qui n’admet aussi qu’une seule réplique (7.Cg5!) mais qui génèrera aussi des duals plus tard. On ne s’occupe donc pas de ces variantes "faibles" et on poursuit notre chemin avec les variantes sans dual.

7.Cf8! Fc3(!) ou Fd8(!) ou Fe5(!) ou Fg7(!) ou Fh8(!) (sinon mat dès le 10ème coup) (objections guanaquée, royale horizontale, chamelée, touchante et encore royale horizontale) [toujours 496 (90 + 68 + 158 + 90 + 90) variations sans dual]

Note : 7...Fc3(!), 7...Fe5(!), 7...Fg7(!) et 7...Fh8(!) ci-dessus forment une "vigilance primaire" presque complète.

Note : le cavalier ne s’occupe pas du coup du fou et joue pareil dans les cinq cas ; il n’y a donc toujours pas de variante.

8. Cd7! Fc7(!) ou Fd4(!) (oppositions amoureuse horizontale et dominatrice verticale) [toujours 496 = (68 x 2) + (90 x 4) variations sans dual]

Note : 8...Fc7(!) (à chaque fois 68 variations sans dual) vient de 7...Fd8(!) ou 7...Fe5(!) ; tandis que 8...Fd4(!) (à chaque fois 90 variations sans dual) vient de 7...Fc3(!), 7...Fe5(!), 7...Fg7(!) ou 7...Fh8(!).

9.h7!

Note : les Blancs ne s’occupent pas du coup du fou et joue pareil dans les deux cas ; il n’y a donc toujours pas de variante.

Note : les Blancs n’ayant pas joué leur cavalier, on va rester dans les oppositions et non repasser aux objections.

Et, maintenant, deux variantes :

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Note : ci-dessous, pour que le lecteur intéressé puisse retrouver toutes les variations sans dual, je vais, à titre exceptionnel, abandonner, pour le 9ème coup noir (et uniquement pour ce demi-coup), la notation algébrique abrégée (c’est-à-dire la notation usuelle) en faveur de la notation algébrique détaillée, qui indique la case de départ du fou en plus de sa case d’arrivée.

Attention : les 68 et 90 variations vues ci-dessus appartiennent aux deux variantes ; cela se voit dans les cases de départ du fou.

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VARIANTE A :

9…Fd4-a7 (opposition dominatrice) ---------------------- [7 variations sans dual] ou :

9…Fd4-b6 (opposition chevaline patifiante) ----------- [8 variations sans dual] ou :

9…Fd4-c5 (opposition chevaline patifiante) ----------- [9 variations sans dual] ou :

9…Fd4-e3 (opposition girafée) ----------------------------- [11 variations sans dual] ou :

9…Fd4-f2 (opposition corsarée) --------------------------- [9 variations sans dual] ou :

9…Fd4-g1 (opposition tri-chevaline) --------------------- [7 variations sans dual]

(note : l’ensemble de ces 6 oppositions forme une surveillance deuxième COMPLÈTE) ou encore :

9…Fc7-b6 (opposition chevaline patifiante) ----------- [8 variations sans dual] ou :

9…Fc7-d8 (opposition amoureuse) ----------------------- [6 variations sans dual]

(note : l’ensemble de ces 2 oppositions forme une surveillance première COMPLÈTE)

10. Ce5! ~~

11. Cc4#

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VARIANTE B :

9…Fd4-c3 (opposition girafée) ----------------------------- [7 variations sans dual] ou :

9…Fd4-e5 (opposition chevaline patifiante) ----------- [11 variations sans dual] ou :

9…Fd4-f6 (opposition chevaline patifiante) ------------ [9 variations sans dual] ou :

9…Fd4-g7 (opposition dominatrice) ---------------------- [7 variations sans dual] ou :

9…Fd4-h8 (opposition girafée) ----------------------------- [5 variations sans dual]

(note : l’ensemble de ces 5 oppositions forme une surveillance deuxième COMPLÈTE) ou encore :

9…Fc7-b8 (opposition chevaline patifiante) ----------- [7 variations sans dual] ou :

9…Fc7-d6 (opposition amoureuse) ----------------------- [9 variations sans dual] ou :

9…Fc7-e5 (opposition chevaline patifiante) ----------- [11 variations sans dual] ou :

9…Fc7-f4 (opposition zébrée) ) ---------------------------- [11 variations sans dual] ou :

9…Fc7-g3 (opposition antilopienne) --------------------- [9 variations sans dual] ou :

9…Fc7-h2 (opposition niobée) ----------------------------- [7 variations sans dual]

(note : l’ensemble de ces 6 oppositions forment une surveillance première COMPLÈTE)

10. Cb6! ~~

11. Cc4#

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ÉTUDE DES CASES "conjuguées" (alias "correspondantes")

DANS LE DUEL "CAVALIER contre MAUVAIS-FOU"

 

C’est ce qui fait l’intérêt de ce problème. Sinon, il serait quelconque, mais vraiment très quelconque !

Et, de toute façon, même avec ça, ce problème n’est pas le problème du siècle, il s’en faut de beaucoup !

Si le trait était aux Noirs, ils feraient nulle par : 1…Ff8!! Le cavalier pourrait alors tourner indéfiniment sur 17 cases de l’échiquier, le fou noir aurait toujours une et une seule case conjuguée ! Cela ne fait pas beaucoup mais cela suffirait pour garantir la partie nulle. Voici la liste des 17 cases du cavalier, avec les 17 cases conjuguées :

 

A) CASES BLANCHES (11 CASES)

 

Cb7 ——-> Fc7! [Sinon 1.Cxa5! ou bien 1.Cd6!, suivi du mat en c4]

Cd1 ——-> Fc1! [Le cavalier vient de f2, donc le fou était en d2 ; et seul Fd2-c1 empêche à la fois Cxb2 et Ce3, suivi du mat en c4]

Cd3 ——-> Fc3! [Sinon 1.Ce1! ou 1.Ce5! ou 1.Cxb2!, suivi du mat par 2.Cc2# ou 2.Cc4#]

Cd5 ——-> Fc5! [Sinon 1.Ce3! ou 1.Cb6!, suivi du mat en c4 ; ou sinon 1.Ce7!, 2.Cc6! suivi du mat 2 coups après (via a5, d4 ou e5)]

Cd7 ——-> Fc7! [Sinon 1.Ce5! ou bien 1.Cb6!, suivi du mat en c4 ; ou, si Fd4, 1.Cb8!, 2.Cc6! suivi du mat 2 coups après (via a5, d4 ou e5)]

Ce2 ——-> Ff2! [Le fou doit empêcher : 1.Cd4! suivi de 2.Cc2#. Il doit aussi empêcher 1.Cg1! suivi de 2.Cf3! Fc3, suivi de 3.Cg5! Fe5 (3Ff6? 4.Ce6! et zugzwang ! Mat au huitième coup via 6.Cc6!) 4.Cxh7 Ff6. 5.Cf8! etc.

Enfin le fou doit empêcher 1.Cg3! suivi de 2.Cf5! Fc5. 3.Ch4! Fd4. 4.Cf3! Fc3. 5.Cg5! Fe5. 6.Cxh7! etc.]

Ce4 ——-> Ff4! [Sinon 1.Cd2! ou 1.Cd6!, suivi du mat en c4]

Ce6 ——-> Ff6! [Les Noirs doivent empêcher : 1.Cd4! et 2.Cc2#, ainsi que : 1.Cd8! puis 2.Cc6! suivi du mat 2 coups après (via a5, d4 ou e5). Fb6 ne convient pas, à cause de : 1.Cg5! menaçant 2.Cxh7!, mais plus encore : 2.Cf3! et 2.Ce4!. Sur 1Fd4 (pour venir en c3 sur 1.Cf3), les Blancs gagnent par : 2.Ce4!, et mat par 4.Cc4# deux coups après]

Ce8 ——-> Ff8! [Lorsque le cavalier est en f6, il ne peut se permettre daller en e8, car il suivrait : Fd6-e5!, enfermant ledit cavalier. Mais, lorsquil est en c7, le fou est en e7 (voir cases noires). Les Blancs peuvent alors jouer 1.Ce8, menaçant 2.Cd6! suivi de 3.Cc4#. Après 1.Ce8, les Noirs ne peuvent pas se permettre de revenir en c5, car il suivrait : 2.Cg7! Fe7. 3.Cf5! Fc5. 4.Ch4! Fd4. 5.Cf3! Fc3. 6.Cg5! Fe5. 7.Cxh7! etc. (voir ci-dessus) et gain blanc]

Cg2 ——-> Ff2! [Il faut bien entendu empêcher : 1.Ce1! ou 1.Ce3!, suivis de 2.Cc2#. Mais Fd2 ne convient pas, car ce coup permet : 1.Ch4!, suivi, soit de 2.Cf5!, sur 1Fe1 ou 1Ff4, avec mat au quatrième coup, soit de 2.Cf3!, sur 1.Fe3, avec, là encore, mat dès le quatrième coup]

Cg4 ——-> Ff4! [Il faut bien entendu empêcher : 1.Ce3! ou 1.Ce5!, suivis de 2.Cc4 mat. Mais Fd4 ne convient pas, car ce coup permet : 1.Ch2!, suivi, après 1Fe5(!) qui empêche 2.Cf1?? à cause de la menace denfermement par 2Ff4!, de 2.Cf3! Fc3. 3.Cg5! Fe5. 4.Cxh7! etc. (voir ci-dessus) et gain blanc]

 

B) CASES NOIRES (6 CASES)

 

Cc5 ——-> Fe5! [Le fou doit pouvoir se préparer à aller en f4 sur 1.Ce4, sinon mat au 3ème coup sur c4, et en c3 sur 1.Cd3, sinon, là aussi mat au 3ème coup. Mais lopposition chamelée par 1Fd2 ne convient pas, à cause de 1.Ce6! Fe3 (ou même Fc3, peu importe maintenant). 2.Cd8! puis 3.Cc6! suivi du mat 2 coups après (via a5, d4 ou e5)]

Cc7 ——-> Fe7! [Cas assez compliqué. Toutefois, il est clair que les menaces 1.Cd5 et 1.Ce6 obligent le fou à contrôler les cases c3 et f6 (voir cases blanches). Mais le fou ne peut pas se permettre dêtre en d4, à cause dune 3ème menace : 1.Cxa6!. Cxa6 est inacceptable pour les Noirs, car il fournit au cavalier une 3ème case de mat : b5. Avec Cc7 contre Fd4, on aurait donc : 1.Cxa6! Fb6 (1 Fa7? 2.Cc7! et 3.Cb5#) 2.Cb8! puis 3.Cc6! suivi du mat 2 coups après (via a5, d4 ou e5) ou bien : 1Fe5. 2.Cc5! et mat trois coups plus tard sur une des désormais 3 cases : b5, c4 et c2)]

Cf2 ——-> Fd2! [Cas assez semblable au cas précédent : il est clair que les menaces 1.Cd3 et 1.Ce4 obligent le fou à contrôler les cases c3 et f4 (voir cases blanches). Mais le fou ne peut pas se permettre dêtre en e5, à cause dune troisième menace : 1.Ch3!. Ch3 est inacceptable pour les Noirs dans ces conditions, car il ne peut être enfermé par Fe3. Sur Fe5, on aurait donc : 1.Ch3! Ff4 (imprenable) ou Ff6 (coups les plus résistants) 2.Cg1! Fe5 3.Cf3! Fc3 4.Cg5! Fe5 5.Cxh7! etc. (voir létude des cases blanches du cavalier : e2, e8 ou encore g4) et gain blanc, rapide après la capture du pion h7]

Cf4 ——-> Fd4! [Très clair : à cause des menaces 1.Cd3 et 1.Cd5 (voir létude de ces cases blanches)]

Cf6 ——-> Fd6! [Les menaces 1.Cd5 et 1.Ce4 obligent, à elles seules, le fou à être situé en d6 ou e3. Mais lopposition chamelée par Fe3 ne peut rien contre : 1.Cd7! Fd4 (sinon mat deux coups après par 3.Cc4#). 2.Cb8! suivi de 3.Cc6! et du mat deux coups après, comme déjà vu de nombreuses fois. Ajoutons que Fd6 permet la réplique 1Fe7!! à 1.Cxh7?, enfermement du cavalier qui nest pas possible si le fou part de e3]

Cf8 ——-> Fd8! [Les menaces 1.Cd7 et 1.Ce6 obligent le fou à être situé en d8 ou e5, pour contrôler c7 et f6. Mais, une fois encore, l’opposition chamelée Fe5 ne convient pas, car elle ne permet pas l’enfermement, par 1…Fe7, du cavalier, si les Blancs s’avisent de jouer : 1.Cxh7]

 

C) LES AUTRESCASES

 

Quadvient-il exactement si le cavalier souhaite « sortir » de ce circuit de 17 cases ? Cela dépend. Il y a :

1°) Des cases inaccessibles :

À savoir : toutes les cases gagnantes, naturellement, mais aussi les cases c8 et f1.

2°) Des cases perdantes :

À savoir : toutes les cases situées à la bande, où le cavalier est enfermé par le fou : a8 (e8 aussi, si le cavalier savise dy aller en provenance de f6 : Fd6-e5 !!), h3, h1, ainsi que a6 et h7, naturellement. Enfin, il y a aussi b5, b4, c3 et c1, évidemment.

3°) Deux cases annulantes :

À savoir : a) la case g6. Ainsi : 1.Cg6 donne : 1h7xg6! 2.hxg6 Ff6 3.g7 Fxg7 4.hxg7 pat !

À noter que les Noirs, dans leur totale sérénité, peuvent très bien ne pas capturer le cavalier, rajoutant ainsi une dix-huitième case au circuit : 1.Cg6 Ff6(!!).

b) la case g8. Là encore, les Noirs, dans leur totale sérénité, peuvent très bien ne pas capturer le cavalier, rajoutant ainsi une dix-neuvième case au circuit : 1.Cg8, Ff8(!!). Mais peut-être sont-ils las, et comme lopportunité leur est donnée de boucler sur-le-champ cette partie, ils peuvent y mettre très élégamment un terme, en jouant 1Fe7(!!) : opposition chevaline et patifiante : 2.CxF pat.

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EXAMEN DE LA NATURE DES OPPOSITIONS ET DES OBJECTIONS RENCONTRÉES

 

A) DANS LES ESSAIS

 

On a rencontré diverses formes doppositions et dobjections dans la solution, mais cest dans létude des cases conjuguées que la nature des oppositions et des objections est la plus impressionnante : il ny en a que deux, à savoir :

 

CASES BLANCHES : on na rencontré que lopposition amoureuse horizontale : le fou, positionné sur la même traverse que le cavalier, le touche, contrôlant ainsi 4 des 8 cases potentielles où celui-ci peut jouer.

 

CASES NOIRES : on na rencontré que lobjection royale horizontale : le fou, positionné sur la même traverse que le cavalier, lui fait face, à deux pas de tour, comme dans les fameuses oppositions de base "roi contre roi".

 

NOTE : Une fois terminée l’étude des cases conjuguées, la solution du problème est quasiment trouvée : le cavalier doit progresser sur les cases (sérieuses) dites « inaccessibles », pour éviter de tomber dans le "circuit". Et il doit capturer le pion h7, pour gagner rapidement ensuite. D’où la manœuvre : 1.Cg7 […] 5.Cg5 6.Cxh7, etc.

 

B) DANS LA SOLUTION

 

CASES BLANCHES : on rencontre de nombreuses oppositions, mais, pour beaucoup dentre elles, on peut les regrouper en une simple surveillance.

 

Oppositions non regroupables :

 

1) lopposition dominatrice (2.Cf5 Fc5, 4.Cf3 Fc3 et 8.Cd7 Fd4).

2) lopposition amoureuse (8.Cd7 Fc7).

3) lopposition chevaline (6.Cxh7 Ff6).

 

Oppositions regroupables :

 

Dans la variante A, on trouve les oppositions girafée, corsarée et tri-chevaline.

Mais ces oppositions sont regroupables en une "surveillance deuxième".

En effet, ce n’est pas une case en particulier qui convient, mais toute une diagonale.

 

Même chose dans la variante B, où lon trouve les oppositions zébrée, antilopienne et niobée. Car ces oppositions sont regroupables en une "surveillance première ".

Là encore, en effet, ce n’est pas une case en particulier qui convient, mais toute une diagonale.

 

CASES NOIRES : on rencontre de nombreuses objections, mais, pour beaucoup dentre elles, on peut les regrouper en une simple vigilance.

 

Objections non regroupables :

 

1) l’objection royale (1.Cg7 Fe7).

2) l’objection plongeante (1.Cg7 Fd4).

3) l’objection ducale (1.Ch4 Fd4).

 

Objections regroupables :

 

Au 7ème coup, on trouve les objections touchante, chamelée et guanaquée.

Mais ces objections sont regroupables en une "vigilance primaire".

En effet, ce n’est pas une case en particulier qui convient, mais (presque) toute une diagonale.

 

De la même façon, dans les variantes A et B, on peut trouver des kyrielles dobjections après le 10ème coup noir. Mais ça na aucun intérêt de les nommer.

Leur ensemble constitue ce que je nomme une « situation dindifférence ».

En effet, les Blancs sont totalement indifférents au 10ème coup noir, vu que leur cavalier mate au coup suivant, et ce, dans tous les cas.

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Rédacteur du présent blog :

Pierre-Antoine CATHIGNOL, né au Mans le 3 décembre 1949, domicilié à Clermont-Ferrand.

Pour tout contact : cathignol@laposte.net

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Édition du jeudi 8 mars 2018 à 19h56

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posté le 07-03-2018 à 11:36:06

1. Héroïque baby-sitter, par Pierre-Antoine CATHIGNOL

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AVANT-PROPOS

 

De 1978 ou environ (je ne notais pas les dates à l’époque sur mes cahiers) à l’été 2004, j’ai composé de nombreux problèmes sur le thème « Cavalier contre mauvais Fou ».

Ce blog en présente quelques-uns, choisis parmi mes préférés, en respectant l‘ordre chronologique de leur parution.

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Dans ce premier article, je donne les informations suivantes, en allant des plus connues aux moins connues, grosso modo :

— Le cavalier et le fou, encore appelées « pièces mineures », sont les deux seules pièces du jeu d’échecs à être à peu près de même valeur, bien que se déplaçant de façon très différente.

Chacun a en effet sa faiblesse : le cavalier est « myope » (il ne "voit" pas loin ; il lui faut 6 coups pour aller d’une extrémité à l’autre d’une grande diagonale de l’échiquier) et le fou est « borgne » (il ne "voit" qu’une seule couleur).

— On appelle « mauvais fou » un fou qui est sur la couleur de ses pions bloqués. L’explication est que ceux-ci l’empêchent de se mouvoir sur tout (ou au moins une portion suffisamment grande et intéressante de) l’échiquier. Si les pions qui le gênent dans ses déplacements ne sont pas bloqués, le fou n’est pas considéré comme "mauvais" car, une fois les pions en question avancés d’une case et donc positionnés sur une case de l’autre couleur, le fou qui leur est allié retrouvera son plein emploi.

— Il est clair qu’un cavalier est supérieur à un "mauvais fou", car le "mauvais fou", limité dans ses déplacements, devient "myope" comme un cavalier en plus d’être "borgne", ce qui n‘est pas le cas du cavalier.

— Le problème suivant illustre très bien cette notion de "mauvais fou". Les 8 pions noirs sont sur case noire comme le fou noir et sept d’entre eux sont bloqués et resteront bloqués jusqu’au mat. Dans ces conditions le cavalier des Blancs va s’en donner à cœur joie et va vaincre le fou adverse, qui ne joue que dans un demi-échiquier car bloqué par quatre des pions de son camp.

— Certains problémistes ont composé de superbes problèmes où c’est le fou (un "bon fou") qui domine le cavalier car il est libre comme l’air dans des positions très ouvertes avec, souvent, des pions sur les deux ailes, ce qui ne fait pas l’affaire du cavalier qui se déplace lentement d’une aile à l’autre. Mais bon, moi, ma spécialité, ç’a toujours été une lutte d’un cavalier contre un "mauvais fou", avec, donc, victoire finale du camp qui possède le cavalier.

— Une fois aussi j’ai remplacé le cavalier par un léopard, gardant le "mauvais fou" :

http://pacathignol.vefblog.net/cathignolpa (un de mes problèmes directs féeriques)

Dans ce problème, le fou semble pourtant bon, car un seul pion noir est sur sa couleur. Mais celui-ci est bloqué et empêche le camp noir de se défendre totalement.

— Avant le problème suivant j’en ai composé d’autres sur le même thème, mais que je juge sans intérêt aujourd’hui et qui ne figureront pas sur ce blog.

— Enfin, j’ai toujours composé seul, et mes problèmes comme mes études sont de moi à 100%.

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HÉROÏQUE BABY-SITTER

 

Auteur : Pierre-Antoine CATHIGNOL, né le samedi 3 décembre 1949, au Mans (Sarthe).

Problème : N°1098 de DIAGRAMMES N°50 (deuxième bimestre 1981), page 870.

Composé : non daté ; vers 1980 (numéro personnel : 229)

Type : Direct orthodoxe : les Blancs jouent et font mat au 12ème coup.

Solution abrégée : Page 898 de DIAGRAMMES N°52 (quatrième bimestre 1981).

Essais : L’essai : 1.Cg7(?) Fb6(!) perd deux temps.

Récompense : Aucune L ; mais je l’aime bien ! J Mais bon, c'est sûr, ce n’est pas le problème du siècle ! L J

Beauté : La beauté réside dans la variante N°A3 de la solution, lorsque le fou se retrouve enfermé, puis capturé par le cavalier. Car, le plus souvent, on voit plutôt l’inverse !

Le fou avait la lourde tâche de garder en vie les quatre pions de la cinquième rangée ; il y est parvenu, mais il y a laissé sa propre vie.

À noter aussi que, dans cette variante N°A3, (et dans quelques autres aussi) le cavalier a joué, au moins une fois, sur chacune des huit colonnes et ce, dès le dixième coup.

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Commentaires :

a) D’un solutionniste :

« Joli duel C/F, la fin est surprenante. » (Claude GOUMONDY)

b) D’un autre solutionniste :

« La logique des séquences est difficile. » (Pierre PLAN)

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Notes biographiques :

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1) Claude GOUMONDY : problémiste français, né en 1946. Il fut nommé « juge et grand maître international pour la composition » en 1984 (MI en 1979). Environ 2 000 problèmes publiés, pour la plupart des mats en 3 coups (son thème de prédilection est le thème cyclique) et des mats aidés. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

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2) Pierre PLAN : problémiste français. Fort solutionniste. [selon Alain BIÉNABE, "le Nouveau Guide des Échecs", Éditions "Robert Laffont", collection "Bouquins", Paris, 2009]

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Variations sans dual : 96 variations sans dual (en abrégé : 96 VSD)

Variantes sans dual : 16 variantes sans dual

Parcours sans dual : 16 parcours sans dual

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HÉROÏQUE BABY-SITTER

 


 

10+10                                                                                           12#

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Note : quand on lit la solution ci-après, on n’a pas besoin de comprendre ce que j’entends par « oppositions » et « objections ». Tous leurs qualificatifs ci-dessous accolés, que j’ai inventés (comme le mot "objection", de moi aussi) sont là pour ceux que ça intéresse. Le mot « parcours » est aussi de mon invention. Voir pour tout cela un autre de mes blogs échiquéens :

http://pacathignol.vefblog.net/Situations/

Le mot « variation » est un emprunt à Mr Ilkka BLOM, ingénieur et programmeur finlandais, créateur du logiciel Alybadix, de réputation mondiale, et qui m’a beaucoup servi pour vérifier mes problèmes (pas celui ci-dessous, composé en un temps où je ne connaissais pas son logiciel). Lien vers le site d’Ilkka BLOM :

http://alybadix.bl.ee/ (marche avec Windows 32 bits, mais malheureusement incompatible par Windows 64 bits ainsi que me l'a signalé l‘auteur par e-mail).

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— "~~" signifie : coup indifférent. Ça arrive souvent en fin de solution quand les Noirs peuvent bien jouer ce qu'ils veulent, tous leurs coups légaux sont aussi inutiles (ou inefficaces si vous préférez) les uns que les autres et tous conduiront au mat dans le même nombre de coups.

— Note : quand deux ou plusieurs coups noirs sont possibles, j'ai coutume de les souligner, pour plus de clarté, rien d'autre.

Ce problème étant sans dual (comme tous mes problèmes publiés dans Europe-Échecs, Diagrammes, Phénix et même des revues auvergnates), il n'y aura jamais deux coups blancs possibles ; a fortiori plusieurs.

— Note : dans ce même esprit de clarté, j'ai l'habitude d'indiquer (entre parenthèses) si un coup est forcé. Il me semble que le lecteur y verra plus clair.

— Note : "VSD" signifie toujours « Variations Sans Dual ».

— Note : le nombre de VSD n'augmente en rien la beauté du problème. Je l'ai signalé, c'est tout.

La beauté d'un problème "direct orthodoxe" [= "normal"] augmente en général avec le nombre de "variantes sans dual", ou, mieux encore, avec le nombre de "parcours sans dual", selon moi. Mais bon, dans ce problème, 8 ou 16 "parcours sans dual", ça ne change pas grand-chose.

— Les points d'exclamation mis entre parenthèses pour les coups des Noirs indiquent que c'est là leurs meilleures défenses ou une de leurs meilleures défenses, la ou les autres étant alors citées dans un paragraphe précédent ou suivant. Je mets des parenthèses car ce ne serait guère logique de mettre un point d'exclamation pur, car, au final, ces "bons coups relatifs" (qui prolongent la résistance des Noirs) n'empêcheront pas que le roi noir soit maté.

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— Note : WORKS possède près de 50 couleurs basiques mais certaines sont presque invisibles (trop claires) et d’autres ne se distinguent pas très bien de mes couleurs habituelles ; j’ai donc préféré utiliser des couleurs bien distinctes, avec malheureusement parfois deux significations, mais on voit en général très vite pourquoi telle couleur est utilisée. Ceci dit, peu importe si on ne le voit pas. Les couleurs, c’est pour faciliter la lecture, c’est tout.

Voici donc :

— La couleur orange est employée dans deux cas qui n’ont rien à voir :

A) Intermédiaire entre vert (= bon) et rouge (= mauvais) (voir par exemple dans les essais ci-dessous), avec le sens d‘un rouge atténué ; signifie alors :

« mauvais mais il y a pire ».

B) C’est aussi la couleur que j’ai retenue depuis longtemps pour les objections, les oppositions étant en marron.

— La couleur marron est aussi employée dans deux cas qui n’ont rien à voir :

A) Pour les oppositions, comme je viens de l’écrire.

B) En premier dégradé pour les variantes et sous-variantes. Les dégradés suivants étant :

Le jaune foncé, le bleu-vert, le bleu et le violet. Ces dégradés suivent une hiérarchie descendante de WORKS et ça me facilite le travail.

— La couleur bleue est aussi employée dans deux cas qui n’ont rien à voir :

A) Pour le quatrième dégradé lors de mes variantes, comme expliqué ci-dessus.

B) Pour le Texte des Variantes Principales (en abrégé : TVP).

— La couleur fuchsia est aussi employée dans deux cas qui n’ont rien à voir :

A) Pour signaler des choses amusantes, bizarres, comiques, curieuses, drôles, étonnantes, farfelues, gaies, inhabituelles, joyeuses, originales, plaisantes ou surprenantes.

B) Mais c’est aussi la couleur de mes vigilances.

Voir pour cela : http://pacathignol.vefblog.net/Situations

— La couleur bleu moyen est enfin employée dans deux cas qui n’ont rien à voir :

A) C’est la couleur de mes surveillances.

Voir aussi : http://pacathignol.vefblog.net/Situations

B) Mais c’est aussi la couleur du dégradé qui suit le violet. La différence étant que ce dégradé entame une nouvelle série, afin de limiter le nombre de mes cadratins.

— Enfin j’utilise parfois d’autres couleurs, pas toujours offertes directement par WORKS, comme celle-ci, utilisée ci-dessous pour l’essai principal, thématique.

— Quant au rouge (voir juste ci-dessous) il me sert aussi parfois simplement pour attirer l’attention, vu que c’est la plus célèbre des couleurs, ainsi que l’indique le célèbre questionnaire :

a) « Citez-moi un chiffre » ; réponse la plus fréquente : « 7 ».

b) « Citez-moi un fruit » ; réponse la plus fréquente : « la pomme ».

c) « Citez-moi une couleur » ; réponse la plus fréquente : « le rouge ». (etc.)

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Essais exhaustifs (sauf le principal, à voir plus bas), tous sans grand intérêt ou presque :

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Sept premiers coups blancs annulent (§1 à §7). Je les ai mis en orange et non en rouge pour les distinguer des dix coups qui perdent, encore pires ceux-là, évidemment, et mis en rouge, eux.

Note : pour les sept coups ci-dessous qui conduisent à une nulle (§1 à §7), j’ai choisi des variantes simples. Mais il en existe beaucoup d’autres, même si, parfois, un camp n’a qu’un seul coup pour annuler.

La couleur bleu moyen indique les positions qui vont se répéter trois fois.

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— 1) 1.Ra1? e2! 2.Dxf2 Rd1 3.Df3 Rd2 4.Df2 Rd1 5.Df3 Rd2 6.Df2 et partie nulle pour triple répétition de position, vu que le roi noir était en d2 au départ. ½–½

— 2) 1.Ra2? e2! 2.Dxf2 Rd1 3.Df3 Rd2 4.Df2 Rd1 5.Df3 Rd2 6.Df2 et partie nulle pour triple répétition de position, vu que le roi noir était en d2 au départ. ½–½

— 3) 1.Cxc5? Fxc5! 2.Ra2! (2.Ra1? perd : 2...Rxc2! etc.) e2 3.Dxf2 Rd1 4.Df3 Rd2 5.Df2 Rd1 6.Df3 Rd2 7.Df2 et partie nulle pour triple répétition de position, vu que le roi noir était en d2 au départ. ½–½

— 4) 1.Cxg5? Fxg5! 2.Ra2! (2.Ra1? perd : 2...Rxc2! etc.) e2 3.Dxf2 Rd1 4.Df3 Rd2 5.Df2 Rd1 6.Df3 Rd2 7.Df2 et partie nulle pour triple répétition de position, vu que le roi noir était en d2 au départ. ½–½

— 5) 1.Cxd4? exd4(!) [1...cxd4(!) annule aussi] 2.e5 Fd8 3.e6 Fe7 4.Ra1 ou Ra2 e2 5.Dxf2 Rd1 6.Df3 Rd2 7.Df2 Rd1 8.Df3 Rd2 9.Df2 et partie nulle pour triple répétition de position, vu que le roi noir était en d2 au départ. ½–½

— 6) 1.Cd8? Fxd8! 2.Ra1 ou Ra2 e2 3.Dxf2 Rd1 4.Df3 Rd2 5.Df2 Rd1 6.Df3 Rd2 7.Df2 et partie nulle pour triple répétition de position, vu que le roi noir était en d2 au départ. ½–½

— 7) 1.Cf8? Fxf8! 2.Ra1 ou Ra2 e2 3.Dxf2 Rd1 4.Df3 Rd2 5.Df2 Rd1 6.Df3 Rd2 7.Df2 et partie nulle pour triple répétition de position, vu que le roi noir était en d2 au départ. ½–½

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Et voici les dix coups qui perdent, avec leur réfutation, ou une de leurs réfutations.

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— 8) 1.Cf4?? gxf4! et les Noirs matent au 21ème coup ou environ :

2.gxf4(!) exf4 3.Ra2 Fh4 4.Rb1 f3 5.e5 Fg5! 6.e6 Fh4 7.g5(!) Fxg5 8.Ra1 Fe7 9.Ra2 Rxc2 10.Db1+ Rd2 11.Rb3 Re2 12.Ra3 f1D 13.Dc2+ Re1 14.Db3 Rf2 15.Ra2 e2 16.Dc2 Re3 17.Ra3 e1D 18.Dh2 Da1+ 19.Da2 Dac1+ 20.Rb3 Dfd1+ 21.Dc2 Ddxc2#

Note : ci-dessus, c’est un exemple fourni par Komodo. Beaucoup de suites, une fois améliorées pour les Blancs comme pour les Noirs, m’ont donné un mat noir au 21ème coup comme ci-dessus. Mais bon, je n’ai pas de preuve formelle qu‘il faille 21 coups pile. Peut-être faut-il seulement 18 coups ou bien peut-il en faut-il 24. Peu nous importe, en fait.

— 9) 1.Dh1?? Re2! et les Noirs matent au 13ème coup :

2.Dg2 Re1 3.Dh2 f1D 4.Rc1 Df3 5.Dg1+ Re2 6.Cf4+ exf4 7.Dh2+ Df2 8.Dh1 Df1+ 9.Dxf1+ Rxf1 10.gxf4 e2 11.Rb1 e1D+ 12.Ra2 Dc1 13.~~ Db2#

— 10) 1.Dg2?? Re1! et les Noirs matent au 12ème coup :

2.Rc1 f1D 3.Dh2 Df3 4.Dg1+ Re2 5.Dd1+ Rf2 6.Dxf3+ Rxf3 7.Rd1 Rf2 8.Cf4 gxf4 9.Rc1 e2 10.Rb1 e1D+ 11.Ra2 Dc1 12.gxf4 Db2#

— 11) 1.Dc1+?? Re2! et les Noirs matent au 9ème coup :

2.Ra2 f1D 3.Db1 Dxb1+ 4.Rxb1 Rd2 5.Ra2 e2 6.Cf4 e1D 7.Cd5 Dc1 8.Cxc3 dxc3 9.d4 Db2#

— 12) 1.Dh3?? e2! et les Noirs matent au 6ème coup :

2.Ra2 f1D 3.Cxd4 cxd4 4.Dh6 Dc1 5.Db6 Da3+ 6.Rb1 e1D#

— 13) 1.Dd1+?? Rxd1! et les Noirs matent au 6ème coup :

2.Cf4 f1D 3.Cg2 Dxg2 4.Ra1 Rxc2 5.Ra2 Rxd3+ 6.Ra3 Db2#

— 14) 1.Dxf2+?? exf2! et les Noirs matent au 5ème coup :

2.Ra2 f1D 3.Cxg5 Fxg5 4.Rb3 Db1+ 5.Ra3 Db2#

— 15) 1.De2+?? Rxe2! et les Noirs matent au 5ème coup :

2.Ra2 f1D 3.Cxd4+ cxd4 4.c5 Fxc5 5.Rb3 Df7#

— 16) 1.Dg1?? fxg1D+! et les Noirs matent au 3ème coup :

2.Ra2 Dc1 3.Rb3 Db2#

— 17) 1.De1+?? fxe1D+! et les Noirs matent au 3ème coup :

2.Ra2 Dc1 3.Rb3 Db2#

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Il n’y a d’essai sérieux que 1.Cg7(!?) ; c’est l’essai thématique, ici symétrique de la clé (1.Cc7!!) par rapport à la colonne "e", et qui permet au moins de gagner la partie, contrairement au dix-sept autres coups vus ci-dessus. Mais le gain se fait (au mieux) en 14 coups et non 12.

Étudions-le.

1.Cg7(?), Fd6(!) [assez Fd8(!) est possible aussi, avec des suites assez semblables mais pas 100% identiques]

Et là, quatre possibilités :

—— 2.Ce6, Fe7! On est revenu à la position de départ. Les Blancs ont donc perdu deux temps et ne materont qu’au 14ème coup.

—— 2.Ce8, Fe7! et les Blancs ne sont pas plus avancés avec leur cavalier en e8 plutôt qu’en e6. Mat au 14ème coup, donc, par 3.Cc7 comme dans la solution, avec deux temps de perdus. C’est le choix "naturel" de Komodo, qui donne :

1.Cg7(?) Fd6(!) 2.Ce8 Fe7 3.Cc7 Ff8 4.Cb5 Fe7 5.Ca7 Fd8 6.Cc6 Fc7 7.Ce7 Fb8 8.Cf5 Fc7 9.Ch6 Fd8 10.Cg8 Fc7 11.Cf6 Fd6 12.Cd7 Fc7 13.Cxc5 e2 14.Dc1#

Note : si 13...Fou joue, alors 14.Cb3#.

—— 2.Ch5? Ce coup est facilement réfuté par 2...Fe7(!), qui oblige le cavalier à revenir en g7 : quatre temps de perdus ! Mat au 16ème coup seulement.

—— Pire encore : 2.Cf5??, Ff8!! et le cavalier ne peut plus se sauver ; un éventuel sacrifice par 3.Cxd4, 3.Cxe3 ou même 3.Ch4(!?) (qui menace 4.Cf3# et va, en pratique, libérer deux pions blancs) n'apportant pas le gain. Partie nulle.

Exemple : 3.Ch4(!?) gxh4! 4.gxh4! Fe7 5.g5 Fd8 6.g6 Ff6 7.h5 Fg7!, coup qui stoppe les deux pions blancs. Partie nulle car les Blancs ne peuvent plus rien entreprendre de sérieux et les Noirs non plus. Exemple (Komodo) :

8.Ra2 Fh6 9.Rb1 Fg7 10.Ra2 Fh6 11.Rb1 Fg7 et partie nulle pour triple répétition de position, vu que le roi blanc était en b1 au départ. ½–½

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Après ces 18 essais infructueux (10 défaites, 7 nulles et 1 essai trop long), venons-en donc maintenant à la solution.

Solution :

1.Cc7! Ff8(!) (sinon mat dès le 6ème coup) (objection chamelée) [96 VSD]

2.Cb5! Fe7(!) (sinon aussi mat dès le 6ème coup) (opposition zébrée) [toujours 96 VSD]

Est bien sûr trop longue la manœuvre qui consiste à venir protéger le pion c2 par le cavalier mis en a3, afin de libérer le roi blanc de cette tâche (même si c’est une méthode qui gagne aussi) :

3.Ca3? Fd6 4.Ra2 e2 5.Dxf2 Rd1 6.Df3 Ff8 7.Cb1 Fh6 8.Rb3 Ff8 9.Cxc3+ dxc3 10.Rxc3 Fe7 11.d4 cxd4+ 12.Rd3 Rc1 13.Dxe2 Fa3 14.c3 Rb1 15.Dc2+ Ra1 16.Db3 Fb2 17.cxd4 exd4 18.Rc2 d3+ 19.Dxd3 Ra2 20.Db3+ Ra1 21.Dxb2#

3.Ca7! Fd6(!) ou Fd8(!) (sinon encore mat dès le 6ème coup) (objections chamelées) [96 (48 x 2) VSD]

4.Cc6! Fc7(!) (sinon toujours mat dès le 6ème coup) (opposition amoureuse verticale) [48 VSD]

5.Ce7! Fb8(!) (sinon mat dès le 10ème coup) (objection chamelée) [48 VSD]

6.Cf5! Fc7(!) (sinon aussi mat dès le 10ème coup) (opposition zébrée) [48 VSD]

7.Ch6! Fd8(!) (sinon encore mat dès le 10ème coup) (objection bi-chevaline) [48 VSD]

8.Cg8! et zugzwang !

Eh oui ! le fou aimerait bien rester en d8 mais, au jeu d’échecs, on ne peut pas passer son tour. Ni sa tour, d’ailleurs. On ne peut passer qu’un pion, et encore, sous de très particulières conditions ! J

On a alors deux variantes principales :

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— A) 8...Fb6(!) (opposition corsarée) [8 variantes sans dual] [17 VSD]

Vous avez remarqué que la couleur marron a deux sens consécutifs différents dans la ligne ci-dessus ? Bravo, vous êtes un fin joueur ! J

9.Ce7! puis trois variantes principales :

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—— A1) 9...Fa7(!) (objection ducale) [2 variantes sans dual] [4 VSD]

10.Cc6! Fb6(!) (opposition amoureuse horizontale)

Note : 10...Fb8 résisterait aussi longtemps mais permettrait un dual [11.Cxa5(!) etc., ou bien 11.Cxb8(!) etc.].

11.Cxe5!

Puis deux variantes (quatre variations) forcées :

---------------------------------------------

——— A11) 11...e2 [1 VSD]

12.Dc1#

---------------------------------------------

——— A12) 11...Fa7 ou Fc7 ou Fd8 (objections bi-chevaline, alfilée et chamelée, formant une indifférence absolue) [3 VSD]

12.Cf3#

----------------------------------------------------------------------

—— A2) 9...Fc7(!) (!) (objection royale) [4 variantes sans dual, mais seulement 2 nouvelles, car A1 et A21 sont des variantes identiques] [9 VSD]

10.Cc6! et zugzwang !

Eh oui ! le fou aimerait bien rester en c7 mais, au jeu d’échecs, on ne peut pas passer son tour !

Suivent deux variantes principales :

---------------------------------------------

——— A21) 10...Fb6(!) (opposition amoureuse horizontale)

Note : 10...Fd8 résisterait aussi longtemps mais permettrait un dual [11.Cxe5(!) etc., ou bien 11.Cxd8(!) etc.].

11.Cxe5! puis suite comme dans A1.

---------------------------------------------

——— A22) 10...Fd6(!) (opposition amoureuse horizontale aussi)

Note : 10...Fb8 résisterait aussi longtemps mais permettrait un dual [11.Cxa5(!) etc., ou bien 11.Cxb8(!) etc.].

11.Cxa5! puis deux variantes (cinq variations) forcées :

--------------------

——— A221) 11...e2(!)

12.Dc1#

Vous avez remarqué que la couleur bleue a deux sens consécutifs différents dans les deux lignes ci-dessus ? Bravo, vous êtes un fin joueur ! J

--------------------

——— A222) 11...Fb8 ou Fc7 ou Fe7 ou Ff8 (objections chamelée, alfilée, bi-chevaline et guanaquée, formant une indifférence absolue)

12.Cb3#

----------------------------------------------------------------------

—— A3) 9...Fd8(!) (objection touchante) [4 variantes sans dual] [4 VSD]

10.Cd5!

10...Fb6(!) ou Fc7(!) ou Fe7(!) ou Ff6(!) (quatre oppositions chevalines, toutes sacrificielles !) [4 VSD]

11.Cavalier prend Fou! e2 (forcé)

12.Dc1#

Conclusion : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », dit-on parfois. Si tel est le cas, notre fou noir devait aimer beaucoup ses petits pions sur la traverse N°5 car ils les a tous sauvés !! Et il en est mort. L

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— B) 8...Fc7(!) (opposition girafée) [8 variantes sans dual] [31 VSD]

9.Cf6! puis trois variantes principales (9...Fd8?! n’est pas à considérer car génératrice d’un dual : 10.Cd5! ou 10.Cd7!) :

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—— B1) 9...Fb6(!) (objection ducale) [4 variantes sans dual] [8 VSD]

10.Cd7! puis deux variantes principales (car 10...Fd8 n’est pas une principale vu qu’elle permettrait un dual, le cavalier pouvant prendre en c5 ou e5 et gagner aussi vite) :

---------------------------------------------

——— B11) 10...Fa7(!) (opposition dominatrice horizontale)

11.Cxe5! puis deux variantes (trois variations) forcées :

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——— B111) 11...e2(!)

12.Dc1#

--------------------

——— B112) 11...Fb6 ou Fb8 (objections chamelée et plongeante, formant une indifférence absolue)

12.Cf3#

---------------------------------------------

——— B12) 10...Fc7(!) (opposition amoureuse horizontale)

11.Cxc5! puis deux variantes (cinq variations) forcées :

--------------------

——— B121) 11...e2(!)

12.Dc1#

--------------------

——— B122) 11...Fb6 ou Fb8 ou Fd6 ou Fd8 (objections touchante, chamelée, à nouveau touchante et à nouveau chamelée, formant une indifférence absolue)

12.Cf3#

----------------------------------------------------------------------

—— B2) 9...Fb8(!) (objection bi-chevaline) [2 variantes sans dual] [13 VSD]

10.Ch7! Fa7(!) ou Fc7(!) ou Fd6(!) (oppositions éloignée, permissive et girafée)

11.Cxg5! puis deux variantes (trois plus dix variations) forcées :

---------------------------------------------

——— B21) 11...e2

12.Dc1#

---------------------------------------------

——— B22) 11...Fb6 ou Fb8 ou Fc7 ou Fd6 ou Fd8 ou Fe7 ou Ff8 (objections diverses, formant une indifférence absolue)

12.Cf3#

----------------------------------------------------------------------

—— B3) 9...Fd6(!) (objection royale) [4 variantes sans dual, mais seulement 2 nouvelles, car B12 et B31 sont des variantes identiques] [10 VSD]

10.Cd7! et zugzwang !

Eh oui ! le fou aimerait bien rester en d6 mais, au jeu d’échecs, on ne peut pas passer son tour.

Suivent deux variantes principales (car 10...Fb8 et 10...Ff8 ne sont pas des principales vu qu’elles permettraient un dual, le cavalier pouvant prendre soit un pion soit le fou et gagner aussi vite) :

---------------------------------------------

——— B31) 10...Fc7(!) (opposition amoureuse horizontale)

11.Cxc5! puis suite comme dans B12.

---------------------------------------------

——— B32) 10...Fe7(!) (opposition amoureuse horizontale aussi)

11.Cxe5! puis deux variantes (cinq variations) forcées :

--------------------

——— B321) 11...e2(!)

12.Dc1#

--------------------

——— B322) 11...Fd6 ou Fd8 ou Ff6 ou Ff8 (objections touchante, chamelée, à nouveau touchante et à nouveau chamelée, formant une indifférence absolue)

12.Cf3#

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NOTE SUR LES OPPOSITIONS ET LES OBJECTIONS RENCONTRÉES :

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Elles sont bizarres, car le fou ne peut pas se déplacer à sa guise, trop limité sur les rangées 6, 7 et 8.

S’il y avait deux rangées supplémentaires (N°9 et N°10), le fou ne perdrait pas !

Il aurait toujours une case conjuguée sur la même colonne que le cavalier.

Notamment, les cases noires de la huitième rangée, demeureraient toujours inaccessibles au cavalier.

Et notamment la case d8, qui permet toujours au cavalier d’avoir le gain, vu que sa case conjuguée est d8 elle-même, à cause des menaces Cb7 qui oblige Fb6! et Cf7 qui oblige Ff6!.

Sans même parler de Cc6 qui oblige Fc7! et Ce6 qui oblige Fe7!. Mais s’il n’y avait que ces deux dernières menaces, Fd6(!) serait une réponse suffisante à Cd8. Mais, à cause des deux premières menaces, seul Fxd8! est la (très) bonne réponse à Cd8.

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Rédacteur du présent blog :

Pierre-Antoine CATHIGNOL, né au Mans le 3 décembre 1949, domicilié à Clermont-Ferrand.

Pour tout contact : cathignol@laposte.net

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Édition du mercredi 7 mars 2018 à 11h36

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